Rennes le Chateau
l'énigme et les personnages qui ont cotoyés l'histoire

 Le diable de Rennes le Chateau
 

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PERSONNAGES

 

Le Prêtre… le chocolat… et l’effet papillon

Si, comme la plupart de mes collègues chercheurs, j’ai d’emblée et forcément été intéressé par les prétendus liens qui unissaient Bérenger Saunière à Emma Calvé, cet intérêt n’a duré que peu de temps car, à la vérité et pour peu que l’on en « gratte » le vernis, cette jolie histoire ne tient décidément pas  la route.

Ci-après, quelques réflexions découlant d’un travail de synthèse que j’ai réalisé à partir de notes éparses, d’articles de la presse spécialisée et d’interventions pertinentes relevées sur le forum.

Chronologie de la « belle histoire »

C’est Robert Charroux qui, le premier, évoque la « proximité » entre l’abbé et la cantatrice dans son « Trésors du monde » paru en 1962. Je le cite : « … d’autres belles partagent aussi le cœur du nouveau milliardaire. On a avancé les noms d’Emma Calvet, de la belle Comtesse de B. et de bien d’autres ».

Outre le « T » de Calvet, on notera la prudence (ou la pudeur) de Robert Charroux quant à l’identité de la « belle comtesse » et le « ON a avancé… ».

Cinq ans plus tard, Gérard de Sède reprendra l’information à son compte et, brodant allègrement sur la trame dessinée par Charroux écrira, dans l’Or de Rennes en 1967 : « Comment, à peine arrivé dans la capitale, le misérable curé de Rennes-le-Château fut admis chez cette diva, nous serions bien en peine de le dire. Mais le fait est qu’il le fut, si bien même que la cantatrice eut très vite à cœur de lui prouver que, hormis sur scène, elle n’avait aucun point commun avec la poétesse de Lesbos. Leur liaison, au vu et au su de tous, devait durer plusieurs années ». Plus loin, « La villa Béthanie ne désemplit pas. On y voit se côtoyer des prêtres, des notables de la région, des invités venus de Paris, de belles dames, Emma Calvé bien sûr… et la très authentique marquise de Bozas ».

Au sujet de cette noble dame, notons au passage qu’à la fois Robert Charroux (belle comtesse de B.) et Gérard de Sède (marquise de Bozas) se trompèrent lourdement en insinuant que Bérenger Saunière aurait pu l’avoir « fréquentée » intimement puisque cette liaison, si toutefois elle eût lieu, serait plutôt prêtée à son frère Alfred… mais avec la marquise du Bourg de Bozas, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Les deux écrivains avaient, semble t-il, plus urgent à transmettre à un lectorat avide de merveilleux pour vérifier sérieusement leurs informations. 

André Billy (1882-1971), romancier, essayiste et critique littéraire, dans ses « Propos du samedi », parus dans le Figaro littéraire du 1er janvier 1968, ne perdra pas de temps et produira un article intitulé « Le Curé, la Cantatrice et Satan ». Il récidivera d’ailleurs le 22 janvier 1968, dans la même chronique, en donnant son sentiment quant à la provenance de l’or de Rennes… il fallait oser.

Pierre Plantard de Saint Clair, dans sa préface à l’édition de « La Vraie Langue Celtique » de l’abbé Boudet aux éditions Pierre Belfond en 1978, se contentera, lors de sa description des fastes du domaine de l’abbé Saunière, d’évoquer prudemment « … un singe nommé Méla, cadeau d’une grande cantatrice ». Cette réserve, il faut bien le reconnaître, étant tout à son honneur. 

 

La pompe désormais amorcée… cette histoire croustillante, digne des pires romans photos, arrosera des tonnes de publications de tous genres et tous formats et sera reprises en boucle durant des décennies. Certains verront même Emma Calvé dessinée sous les traits de Bianca Castafiore par le célèbre Hergé qui ne pouvait, cela tombe sous le sens, qu’être initié aux mystères castelrennais.

Bien évidemment, des biographes de la diva, peu soucieux de « bétonner » leurs sources, iront de leur couplet et donneront en plein dans le panneau au risque de discréditer, par ce type de scoop fumeux, le reste d’un travail pourtant sérieux.

Je dis « scoop fumeux » car, à l’analyse, les éléments permettant d’accréditer une telle fable semblent décidément très légers.

Sources fiables : les écrits de Saunière, ceux d’Emma Calvé et de ses biographes.

Pour ce qui concerne d’éventuelles indications de la part de l’abbé Saunière, tous ses carnets de correspondance à ce jour disponibles ont été épluchés… tous les documents qui n’ont pas été dérobés à Marie Denarnaud ou brûlés par elle ont été minutieusement étudiés. Aucune trace d’Emma Calvé… si ce n’est sur une belle image… nous y reviendrons.

Emma Calvé fut plus prolixe sur sa vie sentimentale. Cependant, que ce soit dans son autobiographie          « My life », parue en langue anglaise à New-York en 1922, ou encore dans ses mémoires publiées en France en 1940 sous le titre « Sous tous les ciels j’ai chanté » (Plon), aucune allusion à Rennes-le-Château, aucun début d’indice, même caché, relatif à Bérenger Saunière ne peuvent être décelés.

La cantatrice ne cache pas ses penchants pour l’occultisme, ni ses fréquentations des cénacles ésotériques du temps mais, de l’abbé Saunière… aucune mention.

Si l’on se donne la peine d’étudier les écrits de ses contemporains… même constat accablant. 

Pierre Barthélémy Gheusi (1865-1943), journaliste et écrivain toulousain, membre de l’Eglise Gnostique Catholique, chantre du catharisme renaissant et proche de Péladan et de Papus fréquenta de nombreux habitués des salons parisiens où se pratiquait un « occultisme mondain ». Il connut, en outre, fort bien Emma Calvé et son « compagnon de route » Jules Bois et fréquenta son château de l’Aveyron. Pourtant… ni dans son ouvrage «Midi-Silhouettes» (Paris-Flammarion 1900) où il brosse les portraits de personnalités en vue à son époque dont, bien évidemment, celui de la cantatrice… ni dans son livre « Cinquante ans de Paris ou mémoire d’un témoin », où figurent pourtant force détails sur la vie de Mlle Calvé, n’apparaît, ne serait-ce qu’une seule fois, le nom de Bérenger Saunière. Aucune allusion, même légère, ne laisse imaginer que l’artiste lyrique puisse avoir connu le prêtre… cela pourra sembler décevant à certains… mais c’est, malheureusement pour eux, un constat implacable.      

Henry Lapauze (1867-1925), critique d’art et journaliste, dans la notice détaillée consacrée à Emma Calvé faisant partie de son « Recueil documentaire universel et illustré » paru dans la Revue Encyclopédique Larousse en 1898, ne fait, lui aussi, aucune mention de supposées relations entre le prêtre du Razès et la cantatrice célèbre.

  

Extrapolations littéraires et inventions biographiques.

Cependant, il est exact qu’une biographie récente de Mlle Emma Calvé fait état d’une liaison entre elle et « un inquiétant curé de campagne rencontré chez Claude Debussy ». Il s’agit en l’occurrence du livre que Jean Contrucci a publié en 1989 aux éditions Albin Michel sous le titre : « Emma Calvé, la Diva du siècle ». Mr Contrucci donne quelques informations assez anecdotiques relatives à la vie secrète de Bérenger Saunière et à ses relations avec la belle artiste, indiquant que cette liaison avait comme motif principal, pour celle-ci, de « choquer le bourgeois » afin d’entretenir le mythe de diva.

Ainsi que l’indique fort justement Michel Laflandre, dans le passionnant et très documenté article qu’il a consacré au couple Calvé/Saunière dans feu le magazine « Eldorado Quest » et à qui j’ai énormément emprunté afin de composer ce petit travail, Jean Contrucci reconnait lui-même, en citant ses sources, qu’il a tiré les informations concernant la liaison entre Saunière et Calvé d’après un petit billet commis  par l’Académicien Goncourt André Billy dans le Figaro Littéraire du 1er janvier 1968… C.Q.F.D.

Pour terminer dans ce cadre des sources biographiques relatives à la diva, Michel Laflandre reproduit, dans son article de référence, une lettre qui lui fut expédiée par Georges Girard le            1er février 1990.

Georges Girard est le président de l’association des Amis d’Emma Calvé et, à se titre, peut-être considéré comme une autorité en la matière. Il indique dans son courrier : « … héritier d’un important « fonds Calvé » qui m’a été confié par Mme Hubin, amie de Calvé, qui l’avait acheté lors des enchères publiques consécutives à la mort de la Diva en 1942, je n’avais rien trouvé dans les divers papiers de la cantatrice (nombreuses lettres, livre d’autographes comportant plus de 300 billets, carnets d’adresses) qui puisse faire soupçonner de pareilles relations. Ce n’est que par un article d’André Billy qui consacra son billet du lundi au trio Calvé-Saunière et Satan, que cela me fut révélé ».                                   

Bref ! Georges Girard a procédé comme la plupart des personnes de bonne foi dans le cadre de cette affaire abracadabrantesque, il a pris pour argent comptant des écrits antérieurs… pourvu qu’ils proviennent d’une « autorité intellectuelle », en l’occurrence, tout comme Jean Contrucci, un homme de lettres du genre d’André Billy, titulaire du grand prix de l’Académie Française en 1954 pour l’ensemble de son œuvre… ça donne du poids et du crédit ce genre de récompenses !

Je trouve, à titre tout à fait personnel, cette manière de procéder assez périlleuse… le résultat des courses est d’ailleurs là pour me donner raison.

Il apparaît néanmoins clairement que, abstraction faite de la mention relative à la prétendue liaison entre Calvé et Saunière évoquée par Mr Girard, lui-même « informé» sur le tard (et à tort) au travers de l’article d’André Billy, rien dans l’important fonds « Calvé » dont il a hérité ne fait mention d’une quelconque idylle entre la cantatrice et le curé… mieux que cela… aucune trace de Bérenger Saunière n’est décelable dans l’énorme masse documentaire constituée de documents personnels voire intimes.

 

Parcours à reculons…

Procédons avec méthode… à l’instar de ces Inspecteurs de la vieille Police et voyageons dans le temps afin de remonter le cours de cette histoire pour tenter d’en identifier la source.

Les « aficionados » de l’énigme des Deux Rennes, persuadés de la réalité des faits au vu de l’abondante littérature produite à partir de 1967 et, surtout, confortés par le sérieux des auteurs qui s’étaient prononcés pour la véracité des faits, ont finalement pris pour « argent comptant » la prétendue idylle entre l’abbé de Rennes et la cantatrice.

Il faut dire que la thèse était assez tentante. Outre le côté assez « sulfureux » de la romance, la proximité des genres laissait, de fait, planer un mystère vaporeux autour des relations du prêtre et les cercles occultistes parisiens de la fin du 19° siècle puisqu’il était de notoriété publique que la célèbre artiste en vogue se piquait de sciences occultes et fréquentait les membres de certaines Loges maçonniques ou théosophiques de la capitale.

Les simples curieux, amateurs d’histoires légères et pittoresques mais peu au fait de l’affaire Saunière car ne s’intéressant point à l’énigme de Rennes-le-Château et à son environnement, se sont amusés de la prétendue liaison entre ces deux personnes pour le moins atypiques dans la mesure où les faits, originaux et « croustillants » constituaient une lecture sympathique et divertissante.

Or, d’où proviennent donc tous ces articles, tous ces ouvrages spécialisés ou non, tous ces détails pittoresques voire graveleux ?

La réponse est simple… des deux chroniques d’André Billy dans le Figaro en 1968 pour les mentions relevant de la « petite histoire » et de la simple littérature de salon, mais, avant tout et surtout… du livre de Gérard de Sède, « L’or de Rennes » paru en 1967, véritable point de départ du « mythe fondateur » de toute cette étrange histoire qui perdure jusqu’aujourd’hui.  

Tous les auteurs spécialisés dans l’affaire castelrennaise ont puisé à cette source… et de leur côté, tous les auteurs ayant évoqués la pseudo-liaison entre Saunière et Calvé dans le cadre des études biographiques consacrées à celle-ci, ont récupéré leurs informations auprès du journaliste André Billy… caution inattaquable puisqu’éminent romancier et Académicien Goncourt joliment titré.

Sauf que celui-ci avait… comme les autres… retiré ses renseignements de la lecture du livre de          De Sède, puis publié ses articles quelques mois plus tard. Arrivées à ce point, les choses se clarifient de plus en plus.

Mais… continuons nos investigations plus loin encore, car la véritable origine du canular est  antérieure à 1967. Je l’ai indiqué au début de cette étude, c’est Robert Charroux qui fut le premier à évoquer la liaison entre la diva et le curé, dès 1962 dans son livre « Trésors du monde ».

Et là, nous nous approchons du but… relisons attentivement le passage consacré à cette affaire, relaté au chapitre 19 du livre intitulé, excusez du peu… : « Huit milliards dans une tombe »….

Robert Charroux ne perd pas de temps et, d’emblée, fait parler Noël Corbu, citant la quasi-totalité du texte « entre guillemets ». Ci-après quelques bribes de cet « interview ».

 

Robert Charroux - «  Voici d’après M.Corbu ce qui dut se passer ensuite… »

Noël Corbu - « Je ne puis pas révéler les sources de mon information mais puis assurer qu’il s’agissait du trésor de la Couronne de France : dix-huit millions en cinq cent mille pièces d’or, des joyaux, des objets du culte etc… » Plus loin, « Bref, c’est la grande vie à Rennes-le-Château où l’on tient table ouverte -et quelle table- pour toute la gentry des alentours… à vrai dire d’autres belles partagent aussi le cœur du nouveau milliardaire. On a avancé les noms d’Emma Calvé, de la belle comtesse de B et de bien d’autres ! ».

Ce qui est déterminant, voire capital dans ce chapitre clé, c’est que les informations de Charroux découlent directement de l’interview de Noël Corbu. Pourtant… dans le récit « La Puissance et la Mort », daté du 29 janvier 1953, que le restaurateur faisait écouter aux clients de son établissement… aucune mention de la liaison entre Bérenger Saunière et Emma Calvé. Cette lacune est pour le moins étonnante car la belle histoire de Monsieur Corbu aurait encore pris plus de « piquant » avec cette indication si romantique.

À titre personnel, je ne pense pas que Noël Corbu ait composé l’essentiel du texte qu’il déclamait aux touristes et, qu’en l’occurrence, « l’épisode Calvé » ne figurait pas dans la mouture initiale… mais cela est une autre affaire. Admettons qu’il en soit l’auteur… mais alors, pourquoi donc n’a-t-il pas inséré cet épisode captivant dans son récit ?  

Peut-être, tout simplement, parce que, à l’époque, il n’avait pas découvert le document capital pouvant établir de manière incontestable les relations intimes entre le curé de Rennes et la cantatrice célèbre. Quel était donc ce document incontestable ? Tout simplement une vignette publicitaire pour la marque de chocolat Guérin-Boutron, dans la série de collection « les artistes de l’opéra », où figurait le portrait d’Emma Calvé en costume folklorique de je ne sais quelle région.

emma calve cantatrice

Chromo publicitaire avec rehauts d’or, du chocolat Guérin-Boutron, réalisé par le photographe Benque

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer ce « décalage » : Monsieur Corbu n’avait peut-être pas découvert cette image au moment de sa rencontre avec Robert Charroux en 1962. Ou, tout simplement, peut-être, le restaurateur en eut-il connaissance par une tierce personne qu’un peu plus tardivement. Ou alors, autre possibilité, ce fut Robert Charroux qui, avisé de la découverte de l’image publicitaire, décida qu’elle « collerait » bien dans le scénario…

Je ne suis pas suffisamment féru sur cette belle affaire pour apporter un éclairage catégorique sur ce point de détail qui, à la vérité, importe peu dans la mesure où l’origine de la rumeur est finalement identifiée

La découverte de cette image publicitaire fut, en son temps, un « choc » dans le petit monde des chercheurs qui hésitèrent entre déception et intérêt lorsque le « lièvre » fut levé par quelques anciens particulièrement perspicaces.

Cependant, il faut bien se rendre à l’évidence, le scénario de l’invention rocambolesque de Robert Charroux, reprise sans désemparer par Gérard de Sède, trop heureux de trouver là matière à aventures mystérieuses, ne tient qu’à cela… un petit morceau de papier supportant le chromo coloré d’une cantatrice de l’époque.

J’y ajouterai tout de même autre chose… un autre élément qui ne fut connu que sur le tard mais qui, dans la mémoire des anciens habitants de la région, ne pût qu’alimenter la folle et belle hypothèse de la liaison entre nos deux personnages. Cet élément, nous le devons à la sagacité et à la rigueur de Patrick Mensior qui, dans un article intitulé « Une belle voix à Rennes-les-Bains » paru dans le bulletin de « l’association Rennes-le-Château. Doc » en date du 18 septembre 2016, nous fait prendre connaissance d’une lettre, adressée par une certaine Dame Vignard au propriétaire du Bain de la Reine, Mr Boriès. Cette curiste évoque, dans son courrier, une personnalité qui prend les eaux et dont la voix est splendide ; cette femme n’étant autre que Madame d’Hautpoul-l’Hermitte, femme d’un colonel en poste à Montpellier, et qui était la fille de Eugène d’Hautpoul-Seyre (membre de la Loge maçonnique « La Sagesse dont il fut d’ailleurs le Vénérable »), noyé dans l’inondation de Toulouse en juin 1875 après avoir héroïquement tenté de sauver plusieurs de ses concitoyens.

Dans son bulletin, Patrick Mensior indique, à juste titre : « Son célèbre nom porte à imaginer qu’elle s’est rendue également à Rennes-le-Château où la reçut l’abbé Saunière. Dès lors, ne serait-ce pas cette chanteuse qui, en lieu et place d’Emma Calvé, marqua à jamais la mémoire castelrennaise de sa merveilleuse voix. »

Il n’y a rien d’autre, à mon sens, à ajouter à cette brillante démonstration.

Conclusion

Une belle image… avec une jolie chanteuse… le souvenir d’une autre « Diva » ayant égayé les soirées de Rennes-les-Bains et voilà que les choses s’emballent… que des auteurs « sérieux » s’emparent de l’affaire et l’érigent en postulat de base. Voilà que des tonnes de littérature encombrent les rayons et que les hypothèses les plus farfelues sont échafaudées… polluant irrémédiablement le souvenir d’une affaire déjà bien compliquée.En 1972, le météorologue Edward Lorenz inventait la belle métaphore de « l’effet papillon » en se demandant si le battement d'ailes d'un papillon au Brésil pouvait provoquer une tornade au Texas.

Il se trouve que, dans le Razès, à un moment donné, une image de publicité pour chocolat aura scellé, à l’échelon mondial au vu des publications consacrées, le destin sentimental de deux personnes ne s’étant jamais rencontrées et suscité des centaines de pages de théories alambiquées.

Je terminerai en citant Jean Markale qui, ne faisant pas partie des dupes de cette histoire, relatait dans son livre « Rennes-le-Château et l’énigme de l’or maudit » : « Décidément, l’ombre d’Emma Calvé sur la tête de Bérenger Saunière n’est qu’un fantôme vaporeux que le moindre vent dissipe et anéantit ».

Aronnax - Janvier 2017

 

Emma Calvé dans « La Carmélite » (1902)



image rennes les chateau

Léopold Decarayon Latour
2 97 1850

Un des piliers du petit lavoir de Rennes les Bains est gravé d’une inscription qui nous a toujours intrigué. Nous n’avions jamais eut de renseignements sur qui était ce personnage Leopol Decarayon La Tour et voilà que le 10 février 2008 un document d’un historien Bordelais parle de cette famille.

Vol du buste Carayon La Tour au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux
Lu ce matin dans Sud Ouest sous la plume de Florence Moreau :
"Dimanche 10 février, alors qu'il venait prendre des photos pour un ouvrage à venir, un jeune retraité a constaté que le tombeau-chapelle de la famille de Carayon La Tour, situé au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux avait été délesté d'un buste en bronze de son plus célèbre représentant, Joseph
(...) Sénateur retiré à Virelade. Rue, caserne, caveau :
Joseph de Caraillon la Tour n'est pas un nom inconnu dans le quartier. Selon le guide illustré « La chartreuse de Bordeaux », qui recense les principaux mausolées du cimetière, Joseph de Carayon la Tour est né à Bordeaux, le 10 août 1824.

Quand les voleurs nous font découvrir l’histoire

Un des piliers du petit lavoir de Rennes les Bains est gravé d’une inscription qui nous a toujours intrigué.

« Élève de polytechnique, il commanda le troisième bataillon des mobiles de la Gironde pendant la guerre franco-allemande.
Chevalier de la Légion d'honneur après l'héroïque bataille e Nuits, il refusa le grade de lieutenant-colonel pour rester à la tête de son bataillon ».
Passionné de chiens _il fut à l'origine de la race du gascon saintongeais _ il s'est retiré au château de Virelade où il est décédé en 1886. L'église du village porte la trace de son passage. Il avait été nommé sénateur inamovible en 1878.

"Fayre pla, layssa dire", Faire bien, laisser dire, telle était la devise de la famille de CARAYON LATOUR
Héros de la guerre franco allemande de 1870, Joseph de Carayon Latour commanda le 3ème bataillon des mobiles de la Gironde, détaché dans l’Est.
Le château a consacré une salle d’honneur à cet illustre bataillon.
Elu représentant de la Gironde sur une liste conservatrice, il fut reconnu comme un des chefs du parti légitimiste sur le plan national et la personnalité la plus marquante du légitimisme girondin avec le marquis Amédée de Lur Saluces.
En 1878, il est nommé sénateur.
Sa vie sociale fut importante aussi bien à Paris qu’à Bordeaux.
Elève de l’Ecole Polytechnique, il géra tout d’abord les nombreux intérêts de sa famille , dont le domaine de Virelade à 5 km de Grenade, acquis en 1851.


Pionnier de l’agronomie, il fut lauréat de la prime d’honneur pour ce domaine en 1867. Membre du Comité des Courses du Jockey Club, du Comité de la Société Hippique de France et du Conseil Supérieur des Haras, il était reconnu comme un veneur distingué.
Il a créé la race dite du « chien de Virelade », un des chiens de meute les plus appréciés.
La meute de Grenade obtient le prix d’honneur au concours international de Paris en 1863 ; le célèbre peintre Jardin l’a reproduite sur un tableau.
Un mécène très investi dans les questions religieuses et philanthropiques, J. De Carayon Latour cumulait les présidences et les responsabilités : le conseil d’administration du quotidien royaliste « La Guienne », la société civile de Saint Joseph de Tivoli, la grande école catholique de Bordeaux, le Comité des Ecoles libres de la Gironde.
Le buste du baron, œuvre du sculpteur Chapus et résultat d’une souscription publique, fut installé après sa mort dans la mairie de Bordeaux.

Léopold Decarayon Latour 1824/1890 était donc le frère du sénateur girondin Joseph CARAYON-LATOUR –
Marie-Octave Léopold de CARAYON-LATOUR était membre de la loge Saint Lucien du grand orient de France –

Une question nous vient à l’esprit : qui a gravé cette inscription et à quelle occasion ?

 

 

 


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