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l'abbé
Bigou,
curé de Rennes le Chateau.

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Voyage de rennes le chateau à rabouillet-sournia

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Plan de l'époque des constructions

La venue des 1ers chrétiens dans la région de RLC

Les moines de Boulbonne

Carte postale adressée à Saunière

Visite du temple

Le presbytère de Rennes le chateau

 

Article du 17 janvier 2018

VOYAGE DE RENNES-LE-

CHÂTEAU

à

RABOUILLET-SOURNIA

 

AVANT-PROPOS

Toutes les photos sont cliquables

 

Je tiens tout d'abord à remercier 3 chercheurs Aronnax, Philémon et heron qui m'ont poussé à faire aboutir cette étude et, surtout, à aller au bout d'une de mes intuitions. Tout chercheur se doit de poursuivre son intuition, c'est en cela qu'une quête devient la sienne et non, celle d'un autre.

Voyage de Rennes-le-Château à Rabouillet - Sournia est une étude des registres paroissiaux au XVIIIème siècle. Elle est composée de deux volets intitulés :

  1. Réflexion autour de l'acte de décès de Marie de Blanchefort,
  2. D'Antoine Bigou à Charles Vidal : une histoire de famille

REFLEXIONS AUTOUR DE L'ACTE

DE DECES

DE MARIE DE BLANCHEFORT


Si le décès de Marie de Nègre de Blanchefort (MdB) est au cœur même de l'énigme de RlC, nul doute alors que l'acte de sa sépulture constitue aux yeux de tous les chercheurs une pièce maîtresse sur l'échiquier castelrennais. Un postulat en somme qui ne fait pas bon de contester. C'est, en fait, par hasard que tout récemment, je me suis intéressée à cet acte. Je gardais en tête, comme bon nombre de chercheurs sans doute, l'image de cet acte signé par Antoine Bigou et ses deux témoins. J'ai donc consulté les registres paroissiaux de Rennes-le-château de l'époque via les Archives départementales de l'Aude en ligne. Parallèlement, pour bien comprendre le fonctionnement des registres, je me suis penchée sur la déclaration du Roy du 9 avril 1736 avec ses 41 articles régissant le fonctionnement des registres paroissiaux sur tout le royaume à l'époque et cela dans toutes les situations possibles (cela va de la rédaction d'un acte jusqu'à la transmission des registres en cas de mort du desservant ecclésiastique).

 

Si mon idée de départ était uniquement de voir l'acte de décès de MdB, j'avoue que j'étais bien loin de m'imaginer étudiant les registres de façon minutieuse. En fait, tout a commencé par mon choix entre les deux registres couvrant l'époque Bigou. J'ai opté pour le registre paroissial ou dit de « cléricalité » restant entre les mains du curé de la paroisse (1737-1802), côté 100NUM/AC309/1E1 page 120. J'ai été étonnée de constater que ce registre n'était pas signé ni par Antoine Bigou, ni par les deux témoins Laurens Rougé et Charles Vidal de Rabouillet :

 

acte de deces marie de blanchefort

Registre paroissial – année 1781 – acte de décès de Marie de Nègre

 

Aussitôt, j'ai consulté le registre destiné au greffe du tribunal de Limoux et j'y reconnus immédiatement l'acte de décès tant connu par tous les chercheurs de RlC :

acte de deces marie de blanchefort

 Registre du greffe – année 1781 – acte de décès de MdB

 

Est-il possible qu'Antoine Bigou ait oublié de signer et de faire signer ses deux témoins ? Drôle d'omission au regard de l'importance que pouvait revêtir de tels actes notamment en cas de procès ou de succession. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les articles premier et X de la déclaration du 9 avril 1736.

En effet, les deux registres doivent être identiques et font foi en justice :

  1. Article premier.

Dans chaque Paroisse de notre Royaume, il y aura  deux registres qui seront reputez tous deux authentiques, & feront également foi en Justice, pour y inscrire les Bâtêmes, mariages et sepultures qui se feront dans le cours de chaque année. »

 

De plus, certaines mentions sont obligatoires dans les actes de sépultures : jour du décès, nom de la personne, mais surtout ils doivent être signés par deux des plus proches parents ou amis qui y auront assisté :

« Art. X.

Dans les Actes de sepulture, il sera fait mention du jour du decès, du nom & qualité de la personne decedée, ce qui sera observé même à l'égard des enfans, de quelque âge que ce soit ;

  1. l'Acte sera signé sur les deux registres, tant par celui qui aura fait la sepulture, que par deux des plus proches parens ou amis qui y auront assisté, s'il y en a qui sçachent ou qui puissent signer, sinon il sera fait mention de la declaration qu'ils en feront. »

Tout ceci démontre que l'absence de signature invalide l'acte en lui-même surtout en cas de levée d'actes pour une succession par exemple. On peut s'interroger à juste titre sur les motivations d'Antoine Bigou de ne pas signer cet acte. Est-ce la seule fois que se produit ce type d'omission ?

Notons que sur la même page 120, Bigou signe bien l'acte de décès de Pierre Clotes, mort en janvier 1781 juste avant MdB. Je décide de feuilleter l'ensemble des deux registres de 1774, de l'arrivée d'Antoine Bigou dans sa paroisse, jusqu'au départ de notre curé de RlC. Nul doute, Bigou tenait avec rigueur ses registres et pourtant, je n'ai pas trouvé d'autres actes de sépulture non signés de sa part durant tout son ministère castelrennais.

En tout cas, une chose est certaine, Antoine Bigou ne pouvait se permettre d'omettre de signer l'acte de décès de MdB sur le registre du greffe du tribunal qui devait être remis dans les 6 semaines après la fin de l'année :

 

  1. Art. XVII.Dans six semaines au plus tard après l'expiration de chaque année, les Curez, Vicaires, Desservans, Chapitres, Superieurs de Communautez, ou Administrateurs des Hôpitaux, seront tenus de porter ou envoyer sûrement un desdits deux registres au Greffe du Bailliage, Senechaussée ou Siege Royal ressortissant duëment en nos Cours, qui auront la connoissance des cas Royaux dans le lieu où l'Eglise sera située. »

Mais surtout ce registre, après réception par le greffe de la Sénéchaussée, était attentivement contrôlé comme le démontre l'article suivant :

« Art. XVIII.

Lors de l'apport du registre au Greffe, s'il y a des feuillets qui soient restez vuides, ou s'il s'y trouve d'autre blanc, ils seront barrez par le Juge ; & sera fait mention par le Greffier sur ledit registre du jour de l'apport ; lequel Greffier en donnera ou envoyera une décharge en papier commun aux Curez, Vicaires, Desservans, Chapitres, Superieurs ou Administrateurs ; pour raison de quoi sera donné pour tous droits cinq sols au Juge, & la moitié au Greffier, sans qu'ils puissent en exiger ni recevoir davantage, à peine de concussion ; & sera ledit honoraire payé aux depens de la fabrique, ou des Eglises, ou Hôpitaux qui sont en possession d'avoir des registres. »

 

L'absence de signature dans le registre paroissial me laissant perplexe, je poursuis mon étude des registres.

 

Un autre élément m'interpelle : dans le registre paroissial, les en-têtes de l'année 1781 sont pré-imprimées ou tamponnées à chaque rubrique (baptêmes/mariages et sépultures) comme les années antérieures et postérieures.

acte de deces marie de blanchefort

En-tête sépultures année 1781- registre paroissial


Ceux de l'année 1781 sur le registre du greffe diffèrent. Alors que les années 1780 et 1782 ont bien l'en-têtes pré-imprimées (ou tamponnées), l'année 1781 fait l'objet d'un traitement particulier : les en-têtes sont manuscrits, il est indiqué que les déclarations (baptêmes/mariages et sépultures) ont été inscrites sur une feuille de papier commun et signée par un juge-mage Maguelonne de Saint-Benoît avant le début de l'année. Selon toute vraisemblance, plusieurs feuillets ont donc été insérés au registre avec entêtes pré-imprimés.

acte de deces marie de blanchefort

Sépultures 1780 Sépultures 1781 Sépultures 1782 Registre du greffe du tribunal de Limoux

 

En continuant à comparer les deux registres pour l'année 1781, je remarque qu'il manque 5 baptêmes, 3 mariages et deux sépultures dans le registre paroissial qui sont pourtant bien inscrits dans le registre du greffe :

acte de deces marie de blanchefort

Registre paroissial année 1781

Les baptêmes s'arrêtent le 18 mai et sont suivis par les sépultures. Il manque donc les baptêmes de Pierre Rougé Pastourel (12 août), Germain Clotes (6 septembre), Marie Sire ( 9 octobre), Christine Cros (22 novembre), Matthieu Tisseyre (le 03 décembre).

acte de deces marie de blanchefort

 Registre du greffe année 1781 – les baptêmes manquants

 

Une vérification dans le registre du greffe s'impose : les baptêmes s'interrompent avec celui de Germain Clotes puis, Bigou passe aux sépultures et ajoute, à la suite des sépultures, des nouveaux baptêmes, ceux à partir de septembre 1781. Cette manière de faire est étonnante puisque Bigou a toujours fait la distinction entre les différentes rubriques : les baptêmes et mariages font l'objet d'une rubrique qui leur sont consacrés bien séparée de celle des décès.

Pour les mariages, dans le registre paroissial, on passe directement du mariage entre André Triquoire/Basilisse Rousset du 20 février au baptême de Marie Gabignaud du 14 mars, les 3 mariages célébrés le 26 février disparaissent. Registre paroissial passage du mariage Triquoire/Rousset au baptême Marie Gabignaud :


acte de deces marie de blanchefort

Registre paroissial 3 mariages manquent pour l'année 1781

 

Sur le registre du greffe, les trois mariages du 26 février sont bien inscrits : il s'agit ceux de Rougé Jean et Captier Jeanne, Gabignaud François et Sausède Marie, Rougé Guillaume et Rolland Françoise :

acte de deces marie de blanchefort

Registre du greffe avec les 3 mariages célébrés le 26 février 1781

 

Après l'omission de signer, voici des actes manquants ou déplacés dans le registre paroissial... l'examen de la tranche du registre me fait dire que des feuillets ont disparus ou ont été détachés :

acte de deces marie de blanchefort

 Registre paroissial 1781 entre les baptêmes et les sépultures Même, si on peut imputer la disparition des feuillets du registre

paroissial à l'effet du temps ou d'événements d'époque (révolution), rien ne peut toutefois expliquer que la déclaration du décès de Marie de Blanchefort qui figure en bas de page soit suivie d'une page vierge de tout nouveau décès alors que MdB est morte en janvier. Qu'est-il advenu des deux autres décès qui ont eu lieu sur la commune de RlC après elle en 1781 ?

acte de deces marie de blanchefort

 Registre paroissial 1781, page vierge après le décès de MdB

 

Ce point précis a son importance à la lecture de l'article III de la déclaration du roy, car tous les actes, dans les deux registres doivent être notés de suite et sans blanc :

« Art. III.

Tous les Actes des Bâtêmes, mariages & sepultures, seront inscrits sur chacun desdits deux registres, de suite & sans aucun blanc ; et seront lesdits Actes signés sur les deux registres, par ceux qui les doivent signer, le tout en même tems qu'ils seront faits. »

Là, l'hypothèse de l'oubli, de la négligence ou même les effets du temps et des événements ne résistent pas à l'analyse.

Bigou n'a pas pris note volontairement des deux sépultures qui suivent celle de MdB, il s'agit de celles de Marie Tisseyre (le 13 mai) et de Rose Fons (le 6 août).

acte de deces marie de blanchefort

Registre du greffe -1781- les 2 sépultures suivant celle de MdB

Un autre détail étaye ce constat : habituellement, Bigou finissait ses registres de chaque année avec la rubrique des sépultures par une mention de fin de registre or, sur la page vierge suivant le décès de MdB, aucune mention n'a été écrite.

acte de deces marie de blanchefort

  Annotations de fin de registre communes aux deux registres

 

On peut, dès lors, se poser la question des raisons qui ont poussé Bigou à ne pas inscrire les deux derniers décès de l'année 1781 après le décès de MdB.

Enfin, un point important attire mon attention. Sur les deux registres, paroissial et du greffe, l'acte de décès ne mentionne pas le nom d'Hautpoul, ni de l'état de veuvage de la disparue :

acte de deces marie de blanchefort

 

Au regard des usages, du rang de Marie de Nègre et de la lignée de son mari François Hautpoul, la formulation de l'acte de décès semble bien curieuse.

Après   l'examen    des   registres    paroissiaux    de    Rennes-le-Château, une conclusion globale s'impose :

  • Antoine Bigou ressort, de cette étude, comme un desservant sérieux, compétent et attentif à la tenue des registres de sa paroisse,
  • Rien dans la période indiquée ne justifie, donc, que l'année 1781 contienne autant d'éléments troublants (actes manquants, méthode changée...),
  • Les deux registres ne sont pas chronologiquement inscrits pour le décès de Marie de Nègre car l'un (paroissial) est non signé par Bigou et ses deux témoins Laurens Rougé et Charles Vidal et l'autre (greffe du tribunal) rédigé sur un feuillet à en-tête manuscrit a été remis dans les 6 premières semaines de 1782 soit plus d'un an après le décès de MdB,
  • Face à l'ensemble de ces faits, il est clair que le curé Antoine Bigou a intentionnellement chercher à attirer l'attention sur l'acte de décès de Marie de Nègre et la date du 17 janvier 1781.

D'ANTOINE BIGOU A CHARLES VIDAL :

UNE HISTOIRE DE FAMILLE

A la faveur d'une discussion avec trois amis chercheurs sur l'intérêt porté pendant des décennies par les gens de Sournia/Rabouillet à Rennes-le-château et à ses vieilles pierres, je me suis replongée dans les registres paroissiaux de l'époque. Après avoir étudié les anomalies que recelaient les registres de Rennes, j'ai décidé de m'intéresser à l'un des témoins signataires de l'acte de décès de Marie de Blanchefort (MdB). Je me suis donc penchée, à nouveau, sur le registre destiné au greffe du tribunal sachant que le registre restant sur la paroisse n'était pas signé, ni par Antoine Bigou ni par les deux témoins : Laurens Rougé (originaire de RlC) et Charles Vidal de Rabouillet.


acte de deces marie de blanchefort

Acte de décès de MdB signé dans le registre du greffe

acte de deces marie de blanchefort

Présence comme témoin de Charles Vidal de Rabouillet

En consultant ce registre, un élément de taille me frappa à nouveau : Charles Vidal a signé pour la première fois dans le registre de Rennes à l'occasion du décès de MdB. Avant le 17 janvier 1781, il ne signe aucun autre acte et son nom ne figure nulle part. Notons, par ailleurs, qu'il n'est pas témoin sur l'acte de sépulture de Pierre Clotes qui date du 10 janvier. En conclusion, hormis pour la sépulture du 19 janvier de MdB, le nom de C. Vidal n'apparaît pas dans le registre de l'année 1781. On le retrouve en 1782 où il signa, comme témoin, sur 6 actes de sépultures répartis sur toute l'année. Ceci tend à montrer que Charles Vidal habite à RlC à partir de 1782 et cela jusqu'au début de l'année 1785. En 1783, Charles Vidal signe sur 3 actes de baptême. En 1784, il signe sur 4 actes de sépulture et 2 baptêmes. En 1785, il signe sur un acte de mariage le 1er février puis plus rien. Charles Vidal semble être parti de RLC.

Au regard de ces faits, une 1ère conclusion s'impose :

Antoine Bigou a fait signer sur l'acte de décès de MdB comme témoin, Charles Vidal, qui, non seulement, n'habitait vraisemblablement pas la paroisse mais qui plus est, a signé pour la première fois le registre à l'occasion de ce décès précisément. 

Je décide donc d'en savoir plus sur ce Charles Vidal en allant sur le site des Archives Départementales des Pyrénées Orientales pour consulter les registres de Rabouillet de l'époque.

Très rapidement, je retrouve sa trace en retrouvant sa signature identique à celle sur le registres de RlC.

acte de deces marie de blanchefort

Signature de Charles Vidal acte de décès de MdB 17/01/1781 et sur registre de Rabouillet 13/02/1781

Avant 1781, je remarque qu'il est très présent dans le registre de la paroisse. Il signe, en effet, de nombreux actes de baptême et de mariage. Je comprends à la lecture de ces actes pourquoi : à côté de son nom, était apposé le qualificatif de régent.

acte de deces marie de blanchefort

Petit aparté : régent équivaut au XVIIIème siècle à un instituteur communal nommé et soumis à l'abbé, il dispense l'enseignement aux enfants (lecture, écriture, orthographe) touchant un revenu insuffisant payé par les parents, surchargé de besognes diverses (fossoyeur parfois, chargé de l'entretien du cimetière et de la réparation de l'église). Néanmoins, il remplit toujours sa mission première d'enseigner la doctrine religieuse.

 

En 1780, Charles Vidal se trouve à Rabouillet puisqu'il signe plusieurs actes tout au long de l'année.

Focus sur l'année capitale de 1781, si Charles Vidal est présent

  1. RlC le 17 janvier, il revient très vite à Rabouillet. Moins d'un mois après, en effet, il signe sur l'acte de mariage (Jean Fourq/ Anne Dalbiés), le 13 février :

acte de deces marie de blanchefort

Il est bien présent sur la commune durant l'année, comme je l'avais remarqué avec son absence sur le registre de RlC. Il est témoin en mai sur un acte de mariage puis en septembre pour un baptême. De 1782 à 1783, plus de trace de sa présence à Rabouillet. En 1784, habitant RLC, il revient sur Rabouillet comme en témoigne sa signature de l'acte de mariage du 23 février entre Etienne Truilhet et Catherine Not. Après cette date, il disparaît définitivement des registres de la commune.

2ème conclusion de notre enquête : pendant l'année 1781 (excepté le 17 janvier), aucune preuve de la présence de C. Vidal à RlC car il ne signe aucun acte (baptême/mariage/sépulture) par contre il est prouvé, désormais, qu'il était bien présent à Rabouillet.

Si un portrait de Charles Vidal commence à émerger, il n'en demeure pas moins que l'homme nous échappe encore. Est-il marié ? A-t-il emmené femme et enfants lorsqu'il est parti de Rabouillet pour venir habiter à RlC ? Est-il originaire de Rabouillet ou d'une autre commune, d'un autre département ?

Pour répondre à ces questions (qui en sous-tendent bien d'autres), je me plonge dans un site de généalogie (rien de tel pour dénicher les histoires familiales en filigrane à condition de vérifier les données fournies). Après maintes recherches et vérifications, je retrouve ainsi Charles Vidal marié avec Jeanne Masères (1765-1817) le 14 février 1794 à Sournia, soit presque 10 ans après son départ de RLC (registre de Sournia 9NUM198CCM3 p 26).

acte de deces marie de blanchefort

Extrait de l'acte de mariage de Charles Vidal et Jeanne Masères Trois enfants sont issus de ce mariage :

  1. Etienne (1794),
  1. Marie (1797-1829),
  1. et Jeanne (1798-1824).

Visiblement, il est resté à Sournia où il est décédé le 20 novembre 1815.

Mais surtout, par ce biais, je prends connaissance de l'origine, ignorée jusqu'à ce jour, de Charles Vidal. D'autres vérifications s'imposent et pour cause...

Voici l'acte de naissance de Charles Vidal né le 26 janvier 1742 (registre paroissial de Rabouillet 9NUM 2E3054 p 42) :

acte de deces marie de blanchefort

"L'an que dessus et le 28 janvier ont été baptisé par moi prêtre curé de Rabouillet 2 enfants jumeaux nés le 26 janvier du sieur Gabriel Vidal et de Mademoiselle Anne Bigou son épouse auxquels on a donné le nom Antoine et à l'autre Charles le parrain du premier a été Antoine Bigou la marraine Marie Vidal et du second le parrain a été Charles Bigou marraine Marie Vidal de Montalba en foy de quoy, curé et prêtre Lucas. »

Surprise ! Charles Vidal est le neveu d'Antoine Bigou.

Sa mère Anne est née le 23 décembre 1708 à Sournia (reg. De Sournia 9NUM198CCM2 p 283), fille de Louis Bigou et d'Anne Marie Pezilla. Elle a pour frères et sœurs :

 

  • Jean curé de RlC de 1737 à 1774 (1703-1776),
  • Charles parrain de Charles Vidal (1706-1745), maréchal à forge,
  • Marie-Thérèse (1712-1712),
  • Thérèse (1714-1714),
  • Gabrielle (1715-1800),
  • Marie (1716-1725),
  • Antoine curé de RlC de 1774 à 1790 (né en 1719 et décédé le 20 mars 1794 à Collioure),
  • Pierre (1721- 1799), chirurgien,
  • et, enfin, Antoine (1727-).

Anne Bigou a épousé Gabriel Vidal (1699-1754) le 13 juillet 1734 à Rabouillet où elle est décédée le 21 avril en 1777.
Elle a eu de cette union 6 enfants :

  • Marie (1735-1751),
  • Louis (1738-),
  • Etienne (1740-1741),
  • Antoine (1742-1744) et Charles (1742-1815),
  • Gabriel (1745-).

 Quatre des enfants du couple semblent décéder jeunes à l'exception de Charles et de Gabriel. Notons que Gabriel servira lui aussi de témoin, dans le registre paroissial de RlC à Antoine Bigou pour trois sépultures en 1782 : le 20 septembre (décès de Paul Rougé), le 4 novembre (décès de Jeanne Tisseyre) et le 22 novembre (décès de Jacquete Rougé).

acte de deces marie de blanchefort

acte naissance d'Anne Bigou (1708-1777)


acte de deces marie de blanchefort

acte naissance d'Antoine Bigou (1721-1794)

acte de deces marie de blanchefort

acte de naissance de Jean Bigou (1703-1776)

 

Les faits suivants sont avérés :

 

  1. Antoine Bigou fait signer l'acte de décès de MdB à son neveu Charles Vidal mais rien ne prouve qu'il soit physiquement présent le 17 janvier à RLC, la signature a pu être apposée à posteriori sachant que le registre du greffe doit être transmis au plus tard 6 semaines après la fin de l'année 1781,
  2. Charles Vidal ne résidait pas en 1781 à RlC, il n'y habitera qu'à partir de 1782,
  3. Charles Vidal était régent et était présent sur Rabouillet à cette époque (avant et après janvier 1781).

 

Avec ses nouveaux éléments associés aux anomalies déjà relevées sur les registres paroissiaux de RlC, pour rappel le registre paroissial restant sur la commune n'est pas signé et l'autre registre destiné au greffe du tribunal de Limoux comporte un feuillet inséré de facto postérieur au décès de MdB, de plus, sachant qu'un des deux témoins est le propre neveu de Bigou, on est en droit de s'interroger sur la validité de l'acte du décès de Marie de Blanchefort sur la commune de RlC le 17 janvier 1781.

 

léa rosi, septembre/octobre 2017

signature marie de blanchefort


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