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autres la saisie des biens de
l'abbé
Bigou,
curé de Rennes le Chateau.

 Le diable de Rennes le Chateau
 Procès verbal d'érection du chemin de croix de l'église de Cassaignes écrit de la main de l'abbé Gélis curé de Coustaussa.

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Comte René de Cherisey

Testament du seigneur Renne Chateau

Documents fournis par Jacques Rivière

Documents fournis par Julio

Document André Salaün

Le parchemin sot pêcheur

Cartes anciennes fournies par Julio

Les parchemins

Nostradamus et Alet les bains

Extrait de naissance de Henry Boudet

Rennes le Château le rapport Cholet

Document Jdrouen : La carte de Jérusalem

De Louis Fouquet a son frère le surintendant

Saisie des biens de l'abbé Bigou

Rennes le Château Quelques dates importantes

Documents René Descadeillas - Alain Feral

Cadastre des Pontils

Doc Gélis curé de Coustaussa et de Cassaignes

Etude sur Boudet

Plan de l'époque des constructions

La venue des 1ers chrétiens dans la région de RLC

Les moines de Boulbonne

Carte postale adressée à Saunière

Visite du temple Le presbytère de Rennes le chateau

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NOTES sur notre PARENTE (Côté paternel)

par le Comte René de CHERISEY

Ministre Plénipotentiaire de France
Commandeur de la Légion d'Honneur

(Rédigé pendant la guerre 1940-1945)

numérisé par OCR par Jean Loup de Chérisey

(les N°s de pagination sont ceux de la brochure donnée par Oncle René)

L'on me dit qu'il faudrait laisser quelques notes sur nos origines et les divers membres de notre famille existant aujourd'hui.
La nouvelle génération est peu au courant de cette situation.
Madame de BERNIS -la tante Céline -disait assez plaisamment, au moment des fiançailles de Yolande: "Guillaume sait qu'il a un père, qu'il a un grand-père... Passé quoi, il ne sait plus rien."

Je ne sais si j'aurai le temps de terminer ce travail que, faute de mes papiers restés à JONCY (1), je dois faire entièrement de mémoire. Essayons toujours ...

Nous appartenons à une famille de la chevalerie lorraine qui, depuis les Croisades, s'est constamment illustrée par les armes.
Constitué sur les marches du pays de Metz, le fief de CHERISEY a été en butte à toutes les guerres entre France et Allemagne. Pillé et ruiné 7 fois, (la septième fois en 1940),incendié 2 ou 3 fois, le château a toujours été rétabli et conservé par les Seigneurs du nom, sans patronyme ni aucune substitution. C'est un cas presque unique dans l'histoire de la Lorraine.

Qu'entend-on par maisons de chevalerie lorraine? Ce sont les maisons nobles d'origine, c'est-à-dire remontant au moins au XIIIème siècle, n'ayant jamais été anoblies par

(1) René de CHERISEY a passé les derniers temps de sa .vie chez sa fille, la Baronne de ROUJOUX, au Château de la Tour de l'Ange, à CHARNAY-les-MACON.

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personne et occupant un fief de franc alleu, fief que l'on ne pouvait tenir que de Dieu et de son épée.

Cette dignité de chevalerie conférait des privilèges importants: (haute, basse et moyenne justice), etc..., etc..., dont le principal était de siéger aux assises qui conservaient la direction suprême du pays. Je crois que cela subsista efficacement jusqu'au règne de Stanislas, ancien roi de Pologne et beau-père de Louis XV.

Il y eut environ 250 familles de cet ordre. Je crois qu'il en reste aujourd'hui 35 disséminées un peu partout. Quant à la division en "Grands Chevaux" et autres, elle est purement arbitraire. Il est certain que l'on reconnaissait à quatre familles
une origine plus ancienne ou du moins plus certaine, en ce qu'elles se rattachaient aux Mérovingiens. Ce sont: HARAUCOURT, du CHATELET, LIGNIVILLE, et LENONCOURT.

Seuls, les LIGNIVILLE subsistent encore aujourd'hui.

Plus tard, un héraldiste fantaisiste (je crois que ce fut sous Stanislas) inventa les "Petits Chevaux". Il en trouva 20 ou
25; mais cette classification ne repose sur absolument rien de sérieux et il n'y a pas plus de raison d'attribuer une préséance aux BASSOMPIERRE, aux d'ASPREMONT ou aux LAMBERTYE plutôt qu'aux d'AUTEL, aux CHERISEY ou aux POUILLY. Le vrai principe est celui de la table ronde: Tous gentilshommes et tous égaux. (Voir la petite brochure à couverture rouge dans la salle aux Archives. Soc. de la Chevalerie Lorraine).

Le plus grand homme de guerre de notre maison fut Louis, Marquis de CHERISEY, Lieutenant-général des Armées du Roi, Lieutenant de ses gardes du corps, gouverneur du fort St-Jean de Marseille, Grand Croix de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis. Sa charge l'obligea à aller à Versailles. Jusque là, on était resté strictement lorrain et je me demande si ce n'est pas par esprit d'opposition que l'on adhéra pendant deux ou trois générations à la religion protestante.

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Fût-ce le père de ce Louis Ier, c'est-à-dire Charles de CHERISEY, capitaine des gardes du Duc de Lorraine, marié à une
ERNECOURT (grande alliance) ou fût-ce ledit Louis Ier qui rentra dans le sein de l'Eglise ? Depuis lors, en tout cas, il n'y
eut plus d'hérésie dans la maison et l'on fit sa cour au Roi de France -mais beaucoup plus en militaire après ou avant les
campagnes, qu'en courtisan habitué de Versailles.

Si Louis Ier eut été courtisan, il fut arrivé, je pense, au rang de Maréchal de France, car il exerça de grands emplois. Il
eut la délicate mission de reconduire la petite infante en Espagne, quand Louis XV renonça à l'épouser. Plus tard, en 1758, à Dittingen, il se couvrit de gloire en commandant la maison du Roi. Il y fut blessé et perdit sa perruque, comblé d'éloges. Il avait 72 ans. La charge de commandant de la maison du Roi n'était habituellement donnée qu'à
un Maréchal de France, comme aussi celle de Gouverneur du fort St-Jean de Marseille. (Nous l'avons toujours appelé "La Perruque", portrait de la salle à manger de JONCY).

Il eut deux fils: Louis II, qui viendra tout à l'heure, et Charles, Comte de NOUROY (vieux nom de la branche cadette), chef d'Escadres, qui bourlingua pendant 60 ans sur toutes les mers et fit la campagne d'Amérique pour finir sans enfants. C'est ce dernier que je représentais à la Société des Cincinnati de France, aux lieu et place du Marquis actuel. (Ce rôle revient maintenant à François de CHERISEY). Il eut aussi deux filles: belles alliances sans postérité aujourd'hui.

Son fils, Frédéric Louis II Chevalier, Marquis de CHERISEY, aide de camp du précédent à la bataille de DITTINGEN, devint aussi Lieutenant-général des Armées du Roi, Lieutenant de ses gardes du Corps, Grand Croix de l'Ordre Royal et Militaire de St-Louis. Il mourut âgé, après avoir été président de la noblesse des Trois Evêchés et du Clermontois aux Etats Généraux de 1789. Si je ne me trompe, l'une de ses filles avait épousé le Marquis du Lau d'Allemans. Il y eut aussi vers cette époque une alliance Chamisso.

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C'est son fils, Louis III, Chevalier, Seigneur et Marquis de CHERISEY, Lieutenant général des Armées du Roi, Lieutenant de ses gardes du Corps, Grand Croix de l'Ordre Royal et Militaire de St-Louis (1751 à l827) qui fut l'auteur des deux branches actuelles des CHERISEY. Il émigra et combattit dans l'armée des Princes. Pendant ce temps, sa femme (née Le SENECHAL), séjournait à Deux-Ponts où elle tenait un magasin de "Frivolités". Le soir, on allait dans le monde
où l'on rencontrait beaucoup d'émigrés parmi lesquels le Chevalier de LAMARTINIERE qui faisait et vendait des chaussures. Mes arrières grands parents, partis de France sans rien, réussirent à vivre de leur petit commerce et rapportèrent 90.000 francs environ de bénéfice, dus au travail et à l'épargne. Le second fils, mon grand-père, naquit en
émigration à LUXEMBOURG, en 1793. Les deux fils furent élevés en Allemagne. Mon grand père passa à l'Ecole des Cadets de Prusse (son portrait en uniforme bleu dans le salon de JONCY).

La plupart des émigrés rentrèrent de bonne heure à partir de 1798. Bonaparte les attirait déjà alors. J'ignore pourquoi les arrières grands parents ne rentrèrent que tard à METZ et à CHERISEY, vers 1813.

Madame de CHERISEY était née Le SENECHAL: son père, fermier des Aides ou de je ne sais quel impôt, avait un salon fort agréable, dont parlent LACRETELLE le jeune et le Baron de FRENILLY dans les souvenirs de l'époque de la Révolution. Leur fille aînée épousa le Marquis d'AUDIFFRET (avec son mari, elle fut emprisonnée sous la Terreur) ainsi que la troisième fille dont il y a un très beau portrait de GERARD resté chez les d'AUDIFFRET}.

Cette dernière était aimée de LACRETELLE le jeune, mais elle dut l'écarter parce qu'elle était fiancée avant la Révolution
au Chevalier de FLORIAN, l'auteur des Fables.

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FLORIAN ne fut pas brillant: par peur d'être compromis, dit-on, par cette famille suspecte, il abandonna sa fiancée. Celle-ci épousa plus tard son médecin qui put la tirer de prison; elle mourut peu après.

Si je suis entré dans tous ces détails, c'est pour parler des d'AUDIFFRET et pour marquer la parenté qui subsiste de ce côté.
Il y eut entre CHERISEY et d'AUDIFFRET une très grande intimité, pendant quatre générations. Le d'AUDIFFRET de la Révolution eut deux fils, hommes fort distingués: l'un devint Président de la Cour des Comptes. L'aîné, qui épousa Melle PORTAL, eut un fils et deux filles: Mesdames du MAISNIEL et de CORAL. Du c6té d'AUDIFFRET, il reste des garçons: Henri, Daniel, etc... et des enfants de deux filles: Lesguern et Henry de VILLENEUVE en Bretagne. Les CORAL, avec qui nous étions surtout liés, ont conservé une terre en Poitou, où vivra, je pense, l'aîné de la famille. Nous perdons un peu de vue la jeunesse actuelle. De ma génération, il ne reste plus que Pierre (sans enfants), Paul qui deviendra l'aîné et Jacques, mon contemporain et ami de toujours. Jacques a épousé Melle DAGUILHON-PUJOL que nous aimons beaucoup, depuis que nous avons fait sa connaissance au Maroc, en 1905. Ils ont une belle demeure, le château de LIGNY, dans l'Ariège.
Un seul fils, de l'âge de notre Philippe, marié à Melle de REMUSAT, charmante femme, morte tout récemment.

Il reste aussi une fille de René, le 3ème des 5 CORAL génération (marié à une veuve, Princesse CHIKA, Roumaine), cette fille a épousé un Baron DECAZES {Poitou}.

La seconde branche des d'AUDIFFRET a pris le nom de PASQUIER, parce qu'elle a été adoptée par le Chancelier PASQUIER, frère de la Comtesse d'AUDIFFRET. Un seul fils laissa de la descendance: le Duc d'AUDIFFRET-PASQUIER, de l'Académie française, président de la Chambre des Députés en 1871, l'un des trois ducs qui voulurent mais ne surent pas rétablir la monarchie en France. (Les deux autres ducs étaient BROGLIE, Président du Conseil, et DECAZES, Ministre des Affaires Etrangères).

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La mère du Duc d'AUDIFFRET-PASQUIER, grand orateur, était la tante Zoé, née PASQUIER, qui venait souvent à Crécy. Nous ne l'aimions pas parce qu'elle prisait, comme encore beaucoup de vieilles dames, dans mon enfance. Elle voulait toujours nous embrasser et nous la trouvions malpropre, le tabac se répandant partout. Le Duc PASQUIER (d'AUDIFFRET) laissa trois enfants:

1°) Denis, qui fut, je crois, le premier de nos relations, tué dans un accident d'automobile. Marié à Melle de l'ARGENTAYE, il laissa quatre enfants: le Duc qui a épousé une SAINT-GENYS, le Comte -une MONTGOMERY, Madame de LOUVENCOURT, et l'intelligente Anne, mariée à Charles de LIEDEKERKE, l'aîné des LIEDEKERKE

2°) La comtesse d'IMECOURT, mère de Jean d'IMECOURT, de Madame de CONTADES et de Madame de FERRIERE-SAUVEBOEUF, celle-ci notre charmante voisine dans le quartier du Gros-Caillou!

3°) La comtesse de NEVERLEE, qui eut deux fils dont l'un tué à la guerre de 1914, et une fille, Jacqueline, mariée successivement à deux d'URSEL (Belgique).

J'en ai fini avec les d'AUDIFFRET.

Mais je dois remonter à l'époque de cette alliance pour retrouver celle qui nous attache aux d'HUNOLSTEIN et aux BRYAS. Chose curieuse, nous ne sommes pas parents des HUNOLSTEIN, bien que nous tenions par les HUNOLSTEIN à tous les BRYAS,etc... Voici comment:
Louis III, Marquis de CHERISEY, marié à Aglaé LE SENECHAL, avait une soeur qui épousa le Comte ou le Baron d'HUNOLSTEIN (Chevalerie lorraine) et n'en eut pas de fils, mais ce dernier avait eu un fils d'un premier mariage et c'est de ce premier mariage que descendent les d' HUNOLSTEIN. Ils ne sont donc pas nos parents, mais élevés avec
les n6tres, ils se sont trouvés liés à nous et cette amitié s'est resserrée du fait

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qu'ils habitaient souvent l'été le très beau Château de SAINT--CYRGUES, tout proche de LAVAURE, en Auvergne. Nous aimions surtout Hervé d'HUNOLSTEIN, mort célibataire, il y a peu d'années, et l'excellente Thérèse de BOUILLE, morte en 1944, laissant deux fils, BOUILLE. Donc, le second mariage HUNOLSTEIN (fin XVIIIème siècle) ne laissa de descendance que par deux filles: la Comtesse de BRYAS et la Comtesse d'HINNISDAL.
Celle-ci eut une fille, Marguerite de LEVIS, morte sans postérité, et un fils, le Comte d'HINNISDAL, élégant parisien, propriétaire du très beau château de TILLOBOIS, détruit en grande partie par la guerre 1914-18, mon parrain au Cercle de l'Union, époux d'une BETHUNE-SULLY, père de Madame de LUBERSAC (deux filles) et de Melle d'HINNISDAL.

De la Comtesse de BRYAS, il y eut un fils, marié à Ursule de VOGUE, et une fille, la Comtesse d'OULTREMONT de PRESLES, en Belgique. Le fils des BRYAS épousa Ida de GRAMONT-LESPARRE (d'où deux fils BRYAS et trois filles), Mme de MERE, Gabrielle de BRYAS, mortes toutes deux, et Madame NIEL, et une fille, soeur de Jacques, Thérèse,
Vicomtesse de CHEZELLES, mère des trois fils CHEZELLES et de Madame Jean des COURTILS. Tous ont des enfants bien mariés. Je crois préférable de ne pas pousser trop loin l'énumération, afin d'éviter l'embrouillage. Mes enfants connaissent plus facilement la nouvelle génération.

J'en ai fini avec les parentés remontant au XVIIIème siècle, c'est-à-dire se rattachant à Louis III de CHERISEY.
Un mot des CHERISEY-NOUROY qui ont constitué pendant plusieurs siècles la branche cadette de notre maison. Ils occupaient le Château de PORT-sur-SEILLE, à 20 kilomètres environ de CHERISEY, faisant partie du Duché de BAR, si je ne me trompe. Ce Château conserve de beaux restes, comme silhouette tout au moins. Reproduction dans la
bibliothèque de JONCY. Là aussi, la reproduction d'une partie des pierres tombales gravées (avec les alliances de 1511 à 1595). Les pierres tombales sont conservées

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dans la nouvelle église de PORT-sur-SEILLE, malheureusement très endommagées, moins par l'usure du temps que par les bombardements de la guerre 1914-18. C'est encore un très beau souvenir.

Avant de quitter le 18ème siècle, j'aurais voulu parler de l'émigration qui a été si différemment et souvent si mal jugée depuis 150 ans, mais c'est un peu un hors d'oeuvre. Il vaut d'être traité sur un papier à part. (Je l'ai fait).

J'en arrive donc à la descendance de Louis III de CHERISEY (page 4), d'où sont sorties les deux branches actuelles. Marié à Aglaé LE SENECHAL, Louis III, rentré en France, repritsa place à la Cour de Louis XVIII, puis de Charles X. Il mourut en 1827, laissant deux fils:

l -BRANCHE AINEE

Louis, Charles Prosper, Marquis de CHERISEY, Maréchal des Camps et Armées du Roi, Sous-Lieutenant de ses gardes du corps, Commandant de l'Ordre Royal et Militaire de la Légion d'Honneur, Chevalier de St-Louis (1786-1838), aide de camp du Duc d'Angoulême dans la guerre d'Espagne, accompagna le Roi et les Princes jusqu'à Cherbourg ,en 1830, puis quitta l'Armée et se retira à CHERISEY (2ème Emigration) .

Marié, de l'agrément du Roi Louis XVIII, à Caroline Le ROY de LIZA, il fut le père de : 1°) -René, Marquis de CHERISEY, zouave pontifical à CASTELFIDARDO, mon parrain, mort à 51 ans, père de Catherine de LAPEYRERE, Nicole NITOT, mal mariée, eut 7 enfants que nous ne voyons plus. Quant à Louise O'GORMAN, je l'aimais bien et elle était restée très famille. Elle fut l'une des premières infirmières de la Croix Rouge, victime, en 1914, de son dévouement aux blessés (morte à la suite d'une piqûre anatomique dans un hôpital de Pau). c'était ma contemporaine. Elle avait eu l'intention de me laisser tout ce qu'elle possédait à CHERISEY (c'est-à-dire une partie de la

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chapelle castrale et une partie de l'ancienne école devenue maison de garde, plus les tableaux de famille, etc...), mais son mari, Gaëtan O'GORMAN, excellent homme, mais très embrouillé en affaires, qui, cependant à chaque occasion, me répétait verbalement ces intentions en ma faveur, négligea de les ratifier par écrit. Il mourut en 1939 et je n'eus rien, sauf quelques tableaux qu'il avait eu le souci de m'envoyer peu après lamort de sa femme ; ce sont ceux de la galerie de JONCY. Je fus très vexé de cet oubli que les NITOT, conscients ou non, se gardèrent bien de réparer. Il restait encore plusieurs assez bons portraits de famille dont j'ai la liste.

1°) René de CHERISEY -Zouave pontifical, dont je viens d'énumérer la descendance, avait deux soeurs et un frère;

2°) Aqlaé de CHERISEY -Très originale, morte célibataire, avait créé une maison de religieuses garde-malades à NANCY;

3°) Lucie de CHERISEY -Mariée au Comte François van der STRATEN PONTHOZ en Belgique. Ils eurent un fils, Robert,
mort à 20 ans, presque en même temps que sa mère. François van der STRATEN, qui avait passé 20 ans dans notre famille, à METZ et à CHERISEY, repartit pour la Belgique où il se remaria plus tard à une TRAZEGNIES, amie de sa première femme. Ce ménage, devenu un vieux ménage sans enfants, m'accueillit comme son fils à BRUXELLES et contribua beaucoup à m'y faire une excellente situation et à m'y marier. Madame van der STRATEN, née TRAZIGNIES, était la parente des LIEDEKERKE. Van der STRATEN était en Belgique un homme du monde très répandu et aimé de tous, de plus héraldiste et archéologue réputé.

Au cours de son séjour en France, il avait récolté des quantités de documents et souvenirs sur les CHERISEY. Ils sont actuellement classés à JONCY, et je lui dois de m'avoir laissé ces très importantes archives.

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C'est lui qui fit porter -un peu arbitrairement, je crois-à CHERISEY, la belle pierre tombale CHERISEY-FLIN (reproduction
dans la bibliothèque et dans ma chambre à JONCY)qui était dans l'Eglise de FLIN. C'est lui qui obtint des Chanoines de la Cathédrale de NAMUR le petit flacon de cristal de roche ayant contenu quelques gouttes du saint Sang (relique bien précieuse) rapporté de Terre Sainte pour Philippe de NAMUR, père de Beaudoin de FLANDRE, Roi de JERUSALEM et Empereur d'orient, sacré par Nivelon de CHERISEY, évêque de SOISSONS, (en l205,sije ne me trompe). Ce qu'il y a de curieux, c'est que cette relique ne fut pas cédée à François van der STRATEN en souvenir de Nivelon, mais bien en raison de son mariage avec une TRAZEGNIES, famille issue, je crois, de Philippe de NAMUR par les NASSAU. J'ai d'ailleurs une idée assez vague de cette parenté.

Heureux temps de mon séjour à Bruxelles, où je débutai dans la diplomatie en janvier 1891. J'y pris tout de suite un goût très vif de mon métier et m'y créai, grâce à de précieux appuis, une bonne situation sociale et mondaine. Je plaisais assez aux jeunes filles sérieuses et plus encore aux mères de famille, à cause de ma bonne conduite et des garanties d'avenir que j'offrais ainsi. J'avais en outre beaucoup de bonhomie et de simplicité pour entrer dans les coutumes et les goûts des autres, un caractère enjoué et sans brusquerie. J'aurais beaucoup à raconter sur cette époque 1891 à 99, mais je n'écris pas mes mémoires... Seulement des notes forcément longues et détaillées puisqu'elles portent sur notre très nombreuse parenté. En avril 1896, après une attente de 2 années, je fus enfin fiancé et marié deux mois après, le 16 juin 1896. Ce fut un grand bonheur: après avoir envisagé plusieurs postes, manqué, malgré mon désir, celui de Rome-Vatican, je fus nommé au Maroc où commença assez vite pour moi un rôle des plus intéressants et qui,en 1905, devint important du fait d'un hasard heureux, qui me procura très jeune la gérance de la Légation de Tanger et la charge de recevoir l'empereur d'Allemagne, Guillaume II. Nous parttmes pour le Maroc, en mars 1899, et ne le quittâmes offi-
ciellement qu'après la Conférence d'Algésiras, soit en avril 1906.

Cette digression m'a éloigné de la branche aînée CHERISEY. J'y reviens ; outre René de CHERISEY, Aglaé de CHERISEY et Lucie van der STRATEN, ci-dessus nommés, Prosper, Marquis de CHERISEY, avait un deuxième fils:

4°) Louis Frédéric François Victor (1824 à 1898) .
Il devint Marquis à la mort de son frère René en 1874, puis repritde sa belle-soeur (née BOSCARY de ROMAINE) le Château de CHERISEY pour le laisser à sa descendance mâle. La chapelle castrale et l'ancienne maison d'école restèrent à la Marquise René, puis à ses filles, j'en parlerai ailleurs. Peu à peu, les terres furent vendues.
Frédéric était un panier percé.
Il se trouva acculé (en 1878 ou 79, si je me souviens bien),à vendre par force tout ce qui lui restait. Heureusement, mon père fut prévenu.
D'accord avec son frère Gérard, ils décidèrent de racheter, indivis, le château (et le parc). Ils l'obtinrent aux enchères, au prix global de 32.000 francs (valeur or à l'époque). Mon père, qui était parti pour METZ, sans perdre un jour en apprenant la vente par une affiche du notaire, avait passé, en s'y rendant, par ISEURE, où mon frère et moi étions au collège. Je n'ai jamais oublié l'impression que je ressentis en apprenant cet événement qui faillit dépouiller notre famille (j'avais une dizaine d'années) et ma satisfaction quand j'appris que mon père avait réussi dans son entreprise de rachat.
Mon oncle Gérard comme officier, puis ancien officier, aurait eu des difficultés pour se rendre en pays annexé. Ce fut mon père qui se chargea de l'administration de CHERISEY. Il fit si bien qu'il parvint par la suite à assurer l'entretien sommaire du château sans bourse délier, c'est-à-dire qu'il suffit pour y pourvoir du petit revenu des foins du parc et des

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légumes et fruits, tout en comprenant un modeste traitement pour le brave CHAUSSET, ancien soldat d'ordonnance du Marquis René, qui fut institué gardien et le demeura jusqu'à sa mort avec un attachement sans égal. Sa nièce, Marie POTIER, que j'avais vue les premières fois avec lui à CHERISEY, lui succéda. Elle est morte dernièrement, de
saisissement, m'a-t-on dit, quand elle vit tous les meubles vendus par les Allemands, le château confisqué, etc...

Dès 1881, pendant les vacances, mon père nous emmena, mon frère et moi, à CHERISEY ; j'y éprouvai de vives émotions qui renforcèrent les goûts des souvenirs et de la tradition auxquels j'étais déjà si porté par nature.

Nous en étions donc à Frédéric, Marquis de CHERISEY, mort en 1898, homme séduisant, Officier de la Légion d'Honneur, il s'était distingué précédemment par sa bravoure chevaleresque sous les guerres du Second Empire. Il avait
épousé Berthe LE ROUX du CHASTELET dont il eut 4 enfants: Gérard, Marie, Lucie et Simone.

La soeur de sa femme, mariée au Général Comte de VAUBAN, descendant du Maréchal, a laissé à ses neveux et nièces sa fortune et de très beaux souvenirs. Il y a entre autres deux portraits du Maréchal de VAUBAN, dont l'un par RIGAUD (à Paris, chez François).
Mais cette famille subit, du fait des trois dernières guerres, des malheurs sans fin. Le château de REUX, près d'Arras, qu'occupait Madame de VAUBAN, fut brûlé par les mobiles français en 1870. On s'installa dans la maison du jardinier entourée du beau parc et ce fut encore convenable. Mais, au cours de la guerre 1914-18, la région fut tellement dévastée par les obus que mon cousin Gérard crut impossible de rebâtir quoi que ce soit et de refaire les terres.
De fait, je vis, peu après la guerre, l'état de ruine complète de ce qui avait été le château, la maison du jardinier et le

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parc, c'est-à-dire qu'il ne restait ni un mur ni un arbre. Quelques tas de pierres seulement indiquaient où avaient pu être les constructions. Enfin, en 1940, le pauvre Gérard a perdu tout ce qui lui restait. Installé à Douai, dans une assez bonne maison, celle-ci fut détruite par un bombardement. Forcé de s'enfuir avec tous les siens, l'on emporta tout ce que l'on put empiler sur un camion, mais celui-ci fut perdu ou détruit en route avec tous les objets un peu précieux, les tableaux de famille, les archives. La détresse de cette famille fut terrible. Gérard que je rencontrai alors put me dire sans nulle exagération, et je me rappelle avec quel marasme "ah! cette fois, je n'ai plus rien!" Il a trouvé asile avec sa femme dans une ferme appartenant à son deuxième fils, Louis, marié et établi dans la région.

Gérard, Sébastien, Etienne, René, Marquis de CHERISEY, dont je viens de conter les malheurs, est donc le seul fils du Marquis Frédéric. C'est un bon et fidèle parent et ami.
Il est mon aîné de 4 ou 5 ans et reste le chef de nom et d'armes de CHERISEY.

Marié à Marguerite du PEYRAT, il a trois fils : François, Louis et René Louis et trois filles dont deux mariées aux deux
frères du BOSC de PERAN et la dernière à M. de TOURTIER. Des petitsenfants de tous les côtés.

J'en ai fini avec la branche aînée.

 

II -BRANCHE CADETTE

 

J'ai dit que Louis III, Marquis de CHERISEY, avait deux fils (voir page 4) ~ Prosper et Victor.

Le second, Victor Louis François, Vicomte puis Comte de CHERISEY (Château de Crécy -Oise), officier d'Etat Major sous la Restauration, Officier de la Légion d'Honneur (1793 à 1878) fut mon grand père. Il naquit, comme je l'ai dit, à

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Luxembourg et fut élevé en Allemagne. Marié à Clara COTTIN de JONCY, héritière de la baronne de JONCY en Charollais. Ardemment dévoués à la monarchie des Bourbons, ils quittèrent la Cour et Paris en 1830 et se retirèrent à CRECY. Les longues années qu'ils passèrent dans cette région, les services qu'ils y rendirent leur créèrent une grande situation de province. Mon grand père était maire de St-SULPICE et Conseiller général de l'Oise. Il prenait en souci les intérêts politiques et sociaux du pays et laissait, disait-on, en grande partie l'administration de la terre de CRECY à sa femme. Celle-ci, quand je la connus, était, en raison de son grand âge, mais aussi de ses très belles qualités de coeur
et d'intelligence, respectée, vénérée, aimée de tous, châteaux et chaumières. Elle est morte en 1898, très près de ses 99 ans.
Elle avait aux yeux de toute sa famille un prestige énorme, en plus de notre très grande affection. Chez elle, la fermeté
s'alliait à la bonté et à la bonne grâce. Elle savait commander et en tout jouait le rôle de chef de famille à qui tous se
soumettaient, petits et grands.

Mon oncle Gérard, son fils aîné qui lui succéda à CRECY, ancien colonel, habitué à commander et dont la personnalité et la voix paraissaient pleines d'autorité, redevenait petit garçon quand il était à CRECY. Il n'eut la direction de CRECY et des affaires qu'à l'âge de 63 ans environ, quand ma grand'mère, âgée alors de près de 94 ans, décida de se décharger sur lui. Il vint alors se fixer définitivement à CRECY, dont il prit la direction.

Jusqu'à ce moment, j'allais souvent à CRECY, interrom-pant mes longs séjours à Paris où je continuais mes études.
J'aimais cette atmosphère de CRECY, empreinte de tant de souve-nirs. L'austérité forcée du grand âge laissait place aux grâces du coeur et de l'esprit que n'a pas su toujours conserver la jeunesse d'aujourd'hui. Bien qu'elle n'eût jamais habité la Bourgogne, ma grand'mère semblait avoir conservé quelque chose

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du Parlement de Dijon. Elle nous écrivait de charmantes lettres quele Président de Brosses n'aurait pas désavouées. Fort instruite, elle savait le latin; mais aucune pédanterie. Je crois qu'elle devait son instruction à M. DESPRES, Membre de l'Institut, ancien Secrétaire des commandements de la Reine Hortense en Hollande. Je ne sais par suite de quelles circonstances il avait épousé Madame de JONCY, mère de ma grand'mère, restée veuve fort jeune puisque son mari était mort en 1789, quelques mois avant la naissance de ma grand'mère. M. DESPRES avait apporté à CRECY une importante bibliothèque et de très beaux tableaux. Ma grand'mère, persuadée qu'ils resteraient toujours à CRECY et que cette vieille terre serait conservée dans la famille, donna le tout à Renaud, qui ne manqua pas de tout ou presque tout
revendre. De la vente des tableaux, il tira une grosse somme. Il y avait des van der MEULEN, des Carl DUJARDIN, etc... et je crois un REMBRANDT, un très beau pastel de DUCREUX, un autre de HONOTTE, ressemblant tout à fait à son maître NATTIER, et qui aurait si bien fait à JONCY, parce qu'il représente Madame de BLANCEY (Renaud a conservé ce dernier et quelques autres), un LEPICIE, un DANLOU, etc...

En plus du rôle de mari et d'homme d'affaires, M. DESPRES, "le meilleur et le plus aimable des hommes", disait ma grand'mère, s'occupait de l'éducation des enfants. Il attirait à CRECY des hommes de talent, des Membres de l'Académie Française. L'on s'y est toujours piqué de culture et de beau langage.

Est-ce lui, ou sont-ce ses prédécesseurs ou encore mon grand-père de CHERISEY, qui transforma le parc de CRECY, comme il était de mode à la fin du XVIIIème siècle? Une grande terrasse en façade aboutissant à un saut de loup et bordant un spacieux étang fut remplacée par une pelouse à l'anglaise et des allées sinueuses.
Heureusement, le saut de loup avec

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un petit pont furent conservés, ainsi que l'étang (ce dernier avec des bords un peu contournés renfermait une île naturellement). De très beaux arbres bordaient les allées qui conduisaient à une pyramide lointaine faisant perspective du château et qui, elle, était bien française. Le château, très peu surélevé, présentait deux façades tout à fait Louis XIII avec deux tours rondes d'un côté, deux tours carrées de l'autre, le tout de justes proportions, simple et harmonieux. Heureusement aussi, avait subsisté une grande partie de jardin français, avec de larges charmilles très ombreuses, fontaines, statues et inscriptions latines. Un potager y faisait suite, non pas entouré de murs, mais de charmilles taillées, de plus d'un hectare, bien découpé et rempli de fleurs. Ce qu'il ne rendait pas en utilité comme fruits et légumes était compensé par un espalier le joignant, de plus d'un hectare aussi et lui-même entouré de hauts murs. Tout cela accotant le grand parc, entouré de grands bois, belles pâtures, etc..., formait un ensemble fort attrayant. L'on comprend que ce
séjour fût préféré à celui de JONCY, bien qu'à JONCY les vues extérieures fussent plus aimables et le climat moins pluvieux. CRECY était fort humide. Il est temps que je parle de l'origine de cette belle terre. Le père de ma trisaïeule, la dernière Baronne de JONCY, était un Conseiller au Parlement de Paris, M. CHOART, vieille famille parisienne, CHOART de BUZANVAL. Je ne sais pas s'il avait acquis CRECY des MORET ou MOURET d'ANNEVILLE, ou s'il l'avait eu d'eux
par héritage. Toujours est-il qu'il le destinait à son fils qui allait être fait Marquis de CRECY quand il mourut fort jeune encore.
CRECY passa donc à la fille unique CHOART, qui épousa le Baron de JONCY et, plus tard, M. DESPRES. Elle était plus fière du premier nom et, toute sa vie, elle se fit appeler Madame de JONCY-DESPRES, comme il est inscrit, me semble-t-il, sur sa tombe, au cimetière de St-SULPICE (Oise). Je ne me rappelle pas combien elle eut d'enfants de l'un ou l'autre de ses deux maris, mais enfin il ne reste que deux filles JONCY dont je parlerai tout à l'heure.

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Voilà donc M. de JONCY, mon trisaïeul, qui avait déjà la grande Baronnie de JONCY et celle de CHANTEAU, dans le Morvan, devenu Seigneur de CRECY. c'était un vrai Seigneur, à une époque où la noblesse de robe se rapprochait de plus en plus de la noblesse d'épée, sinon à la Cour, du moins dans les salons de Paris. Il y faisait bonne figure, était l'ami du Marquis de FONTENAY, premier mari de Madame TALLIEN, et du Baron de BEZENVAL (prononcez Beuzeval), lui-même général des Suisses, du cercle intime de Marie-Antoinette.

 

Les COTTIN de la BARRE, devenus Barons de JONCY, Seigneurs de BURZY, SAINT-CLEMENT sur GUYE et COLLONGES en Charollais, étaient de père en fils Conseillers au Parlement de Dijon, y tenant une place très honorée, dit la chronique du temps.
Ils avaient un bel hôtel à Dijon, rue Saint-Jean, je crois.
De grandes cartouches de marbre représentant les quatre saisons, oeuvre d'un sculpteur bourguignon célèbre dont j'oublie le nom, le décoraient. Ils sont aujourd'hui dans le grand escalier du Musée de Dijon. La mère du dernier Baron de JONCY, mon trisaïeul, était née Bernard de BLANCEY, de cette famille des BERNARD dont l'abbé COURTEPEE dit qu'elle "était l'honneur de toute la région de Mâcon".

Ces BERNARD se divisèrent en BERNARD de LAVERNETTE, depuis Saint-Maurice, Bernard de CHAINTRE, Bernard de BLANCEY, etc... Une grande partie des lettres du Président de BROSSES sont adressées à "mon gros BLANCEY", Bernard de BLANCEY, Conseiller aussi au Parlement de BOURGOGNE, devint Baron de CHANTEAU, terre à 4 clochers comme JONCY, située dans le Morvan, près de SAULIEU. J'ai dit qu'il ne laissa qu'une fille, Madame de JONCY.

Que reste-t-il des parentés du c8té JONCY ? -Personne. Au XVIIIème siècle, sans doute, cousinait-on avec beaucoup des familles du Parlement de Bourgogne; les BRETAIGNE, les BURTEUR,

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les BERNARD, les LOISY, je crois ; ma grand'mère SAINTIGNON et mon père avaient le souvenir d'une alliance avec les SAINT-SEINE. Entre parenthèses, je trouve une parenté du côté de ma grand'mère dont je n'ai pas parlé et que nous conservons encore ; mais je ne sais plus si elle se rattache aux JONCY ou aux CHOART. C'est celle de la famille de La CELLE dont étaient la Maréchale de MAC-MAHON et aussi la toute charmante Berthe de CROZE que nous connaissions jadis en Auvergne. Cette dernière a laissé trois filles: la femme du Général de MONTMARIN, une Mademoiselle de LABOULAYE, j'oublie la troisième.
Nous les avons perdues de vue en quittant Paris.

Une autre parenté amusante est celle de la Maison d'Autriche, qui s'établit très facilement par un petit tableau généalogique que j'ai à JONCY. Au XVIème siècle, Pierre de MORVILLIERS, Chancelier de France, eut deux filles dont la descendance directe et sans lacune aboutit d'un côté à Catherine CHOART, mère de la dernière Baronne de JONCY, et l'autre à une Princesse de SALM, aïeule de l'Empereur François Joseph d'Autriche-Hongrie. Je n'ai jamais eu l'occasion ni le désir de m'en prévaloir auprès des HABSBOURG.

Sur JONCY, il n'y a plus à dire que ceci: le dernier Baron de JONCY laissa deux filles ~ Madame de LATANE de PUYFOUCAULD (Périgord) et ma grand'mère CHERISEY. Je reviendrai à ma grand'mère en terminant la généalogie de notre branche cadette.

Madame de LATANE eut deux filles: la Comtesse de BOISJOURDAN (croisades) qui eut CHANTEAU et Madame de la
MAISONNEUVE: JONCY. 0 Chez les BOISJOURDAN, il ne resta qu'une fille, Mathilde, Religieuse des Dames du Sacré-Coeur, Assistante de cette congrégation à Rome, Fondatrice et Supérieure des Couvents du Sacré-Coeur de Venise et de Florence. C'est là que nous la vîmes, à l'occasion de l'un de nos voyages en Italie.

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Mon père l'aimait beaucoup. Elle laissa CHANTEAU à Jacques de FONTANGES; le château disparut entièrement dans un incendie.
A moi, elle laissa ce qu'elle avait recueilli de l'héritagede sa cousine de BEZE à JONCY : le pré du Vigny et la petite Garenne.

Quant à Madame de la Maisonneuve, elle habita peu JONCY qui avait tant souffert de la Révolution. Sa fille unique, Madame Théodore de BEZE ne l'habita jamais. J'ai expliqué ailleurs par quel concours de circonstances ma grand'mère ayant hérité à 94 ans d'un quart de la terre restant de JONCY, me demanda de le reprendre.
Avec la très petite part de la Religieuse BOISJOURDAN et les prés des Perches rachetés par moi, j'ai actuellement un peu plus du tiers de ce que la Révolution a laissé. Mais tous les grands et beaux bois sont restés au Département ou à la Commune, plusieurs terres ou prés vendus n'ont pu être repris, etc... Ce n'est plus la grande et opu-lente Baronnie. Mais tel qu'est encore notre JONCY, je crois en avoir tiré le parti le meilleur. C'est une petite terre, bien placée et
rassemblée sur les deux côtés de la rivière de Guye, d'un bon rapport, facile à entretenir et à habiter.
Nous nous y sommes beaucoup attachés.

Pour terminer la lignée paternelle, je n'ai plus qu'à énumérer la descendance sortie de CRECY, c'est-à-dire la branche
cadette des CHERISEY.

II -BRANCHE CADETTE (Suite)

Mes grands parents eurent six enfants:

1°) Gérard, Comte de CHERISEY, Colonel d'Infanterie,Commandeur de la Légion d'Honneur, marié à Claire d'HESPEL,
Gouverneur de la place de LANDRECIES, mort à CRECY, à l'âge de 87 ans, père de Renaud et de Jean, de Marthe, Anne-Marie

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et Germaine. -Renaud eut de Geneviève de FAYET, Henri de CHERISEY, lui-même marié à Renée de BARTILLAT, d'où un fils Hervé, et une fille Geneviève. Henri est le propriétaire actuel de CHERISEY. Jean épousa Antoinette de LANNOY (Belgique), pas d'enfants. Marthe eut d'Alphonse des FRANCS, une fille qui habite un petit château près d'Orléans et qu'aucun de nous n'a vue ni entendue depuis la mort de ses parents.

Anne-Marie épousa un MONLIVAULT : pas d'enfants.

Germaine, ma contemporaine, Religieuse du Sacré-Coeur, morte récemment. De toute cette famille, avec laquelle nous avons été si liés, il ne reste pour nous que les Henry et leurs enfants, Hervé et Geneviève, ci-dessus nommés. Je ne pense pas que nos enfants rencontrent jamais la fille des FRANCS.

Deuxième fils de mes grands parents : Henri de CHERISEY, officier d'avenir, disait-on, mort tristement du choléra à la guerre de Crimée, enterré à CONSTANZA (Roumanie). Il fut toujours regretté de sa famille. Longtemps après sa perte, ma grand'mère n'en parlait qu'avec la plus vive émotion.

3°) Louis (1830-1918), mon père qui reviendra tout à l'heure, et trois filles: Anne, Marie et Gabrielle. Cette dernière, restée jusqu'à 80 ans petite fille et ingénue, jouait naturellement un grand rôle auprès des enfants. Elle ne quittait jamais CRECY, son canapé et sa tapisserie.

4°) Anne épousa le Vicomte de FONTANGES (Croisades), Inspecteur Général des Finances. Nous trouvions cet oncle un peu sévère. Il jouissait du plus grand crédit à CRECY et ma grand'mère le consultait sur tout: cela nous agaçait. La tante de FONTANGES était la bonté même. Elle nous aimait comme ses enfants et nous l'aimions tous. Nous l'avons toujours vue beaucoup, tant à CRECY où elle passait tout l'été, qu'à

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PARIS où elle nous recevait fréquemment. Ses fils Hugues et Jacques étaient largement nos aînés. Elle perdit une fille, Marguerite, mariée tard au Marquis d'HANTECOURT et morte peu après. Très douée et pleine de charmes, nous l'admirions tous et l'aimions. Hugues épousa Odette d'HAUTESERVE dont il ne reste que deux fils: Géraud, Polytechnicien, ancien Directeur du Service Géographique de l'Armée, fait général en 1939 et prisonnier en Allemagne de 1940 à 1945, pas d'enfants ; Guy, qui habite Versailles et a 3 enfants, dont un, père Eudiste, et une, religieuse.

La tante de FONTANGES mourut vers 1918, âgée de 94 ans.
Le second fils de la tante de FONTANGES, Jacques, épousa Marguerite
de GERES (Bordelais). Deux fils: Henri, marié à Anne de GAALON
(Bordelais), une fille, et Jean, marié à Christine de ROSTANG, 5
fils. Ils habitent l'Anjou. C'est avec ce rameau que nous restons
le plus liés.

 

5°) Marie épousa le Marquis de GRASSE (Croisades) des
Princes d'ANTIBES, Colonel de Cavalerie, mort en activité à
Rambouillet, je crois. Elle avait été très belle et très brillante.
Les officiers, parmi lesquels était le futur Maréchal LYAUTEY,
l'appelaient "Marie pleine de grâces". Quand je l'ai connue, elle
portait encore très haut et parlait avec une grande autorité, comme
s'il lui appartenait de mener le régiment. Soit avant, soit après
son veuvage, elle passait de longs mois à CRECY et y apportait
beaucoup d'entrain et de verve spirituelle. Au demeurant,
brillante musicienne. Elle s'installa à Versailles pour finir et y
mourut à 80 ans, "étonnée, me dit-elle, peu de jours avant sa mort,
de ne pas aller plus longtemps". Elle eut une fille, morte jeune du
choléra, et deux fils: Foulques et Guillaume.

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Foulques, capitaine d'infanterie de marine, fit toutes
les colonies françaises, puis se maria assez tard avec Consuelo
FOULD-STIRBEY, adoptée par un Prince Roumain STIRBEY. Nous étions
mécontents de cette alliance et ma tante en avait bien souffert.

Guillaume, Marquis de GRASSE des Princes d'ANTIBES, après
son frère Foulques, très choyé par sa mère et par tout le monde à
CRECY, grand chasseur courant les bois, épousa Lucie LAGRENE,
voisine de campagne. Il a laissé un fils, Rambaud, et une fille,
Guillemette de BEAUVILLE, qui a deux enfants. Je ne vais pas plus
loin; les jeunes de la famille peuvent aisément connaître ceux de
leur génération.

Reste donc mon père, auteur du 2ème rameau de la branche
cadette; c'est le troisième fils de mes grands parents:
Louis. -Et voilà LAVAURE qui surgit... .LAVAURE, le paradis
de notre enfance et de notre jeunesse qui, pour nous, surpassait tout
en beauté et en agrément.

Mon père épousa Thérèse de ROMEUF, fille unique, beau parti
et héritière de LAVAURE. Je vais arriver bientôt aux ROMEUF et à
la ligne féminine de notre famille.

Mes parents eurent 5 enfants: 1°) Henriette, mariée au
vicomte d'AMONVILLE des NOTS, Colonel de Cavalerie, Officier de la
Légion d'Honneur, décédé en Juin 1940, au moment de l'invasion
allemande. Ils eurent eux-mêmes trois enfants ~
a) Jacques, époux de Anne-Marie CASENAVE, aujourd'hui général de
cavalerie et prisonnier de 1940 à 1945 en Allemagne. Il a eu douze
enfants, il en reste onze.
b) Jean, marié à Antonia de LA VILLEON (2 garçons); mort en 1942.
Antonia s'est remariée à un Américain.
c) Louis, Lieutenant d'Artillerie, tué en 1916.
d) Madeleine, mariée à Albert de JABRUN, décédée en 1943. Trois
enfants, dont un fils Enseigne de Vaisseau, paraissant plein d'avenir,
tué à Casablanca en 1940.

 

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e) Simone, célibataire.
f) Marie-Anne, célibataire.
g) Elisabeth, morte en 1942, Religieuse de St-Vincent de Paul
h) Sabine, morte jeune en 1915.

 

Ne restent donc que les Jacques, Simone, Marie-Anne, Jabrun,
avec deux enfants, et les deux fils de Jean.
2°) Jeanne, la bonne tante Jeanne, célibataire.

 

3°) Guillaume, toujours appelé Guy, Officier de
Cavalerie très brillant, Chevalier de la Légion d'Honneur, sportman
dans sa jeunesse, devenu propriétaire de LAVAURE, mais vivant très
retiré aujourd'hui au Verger, en Anjou. Il a perdu sa femme, Jeanne
de REVERONY, en 1941.

 

Deux enfants:
a) Bertrand, Capitaine -pilote d'aviation, Chevalier de la
Légion d'Honneur, époux de Françoise DAUM (5 enfants), installé
maintenant à LAVAURE ;
b) Hélène, mariée à Robert de MEURVILLE, décédé en 1946, Capitaine
de Corvette, Officier de la Légion d'Honneur et mère de Bertrand de
MEURVILLE, déporté comme résistant à Buchenwald par les Allemands
(agent de liaison du Général Koenig) .

4°) René, moi-même, marié à Elisabeth, Madeleine,
Ghislaine van de WOESTYNE ou de la WOESTYNE. L'on doit dire: van
de WOESTYNE en Flandre, de la WOESTYNE en France. La particule
étrangère se traduit en général. En France, l'on dit:
Le Prince de Bismark, le Prince de Bulow, le Duc de Wellington et
non pas: Furst von Bismark, von Bulow, Duc of Wellington; l'on dit
de Zuylen, de Nievelt et non pas van zuylen, van Nievelt, etc...

 

La branche aînée a été représentée en France depuis Louis XIV, par
le général Marquis de la WOESTYNE, venu probablement au moment des
guerres de Flandre. Elle s'est éteinte dans un autre

 

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général Marquis de la WOESTYNE, sous Napoléon III. Il fut, je crois,
un moment Ambassadeur auprès du Vatican.

 

Je crois me souvenir que ce Marquis de la WOESTYNE avait
épousé une fille de Madame de GENLIS.

 

Avant d'en venir à moi, je dois placer ici ma troisième

 

soeur, c'est-à-dire le 5ème enfant de mes parents.

 

5°) Marie-Thérèse, plus jeune que moi de 7 ans, plus jeune
qu'Henriette d'AMONVILLE de 11 ans, la chère et si animée
Marie-Thérèse, l'enfant gâtée de la famille, morte
prématurément en 1942. Je crois bien que c'était ma soeur
de prédilection. Mariée au Baron de BONNAFOS
(Lorraine-Cantal), elle devint veuve en 1916 ou 17. Elle
habitait le beau et inconfortable château de VIESCAMP, où
est son fils aîné, Henri, vivant seul la plupart du temps,
ou avec la bonne tante Jeanne. Il avait épousé Huguette
BAGUENAULT de VIEVILLE qui l'a quitté sans grand motif,
un mois après la naissance d'une fille. Capitaine de
réserve et prisonnier de guerre, il est tristement rentré
d'Allemagne peu après la mort de sa mère. Son frère Joseph
n'est pas marié jusqu'ici.

 

J'en reviens donc à moi-même pour parler un peu de la
famille de ma femme.

 

La branche belge de celle-ci fut moins brillante que la
branche française, l'aînée. J'ai entendu dire que si le fils de ma
belle-mère avait vécu, on eut demandé au Roi des Belges de le rattacher
à cet aîné, en lui accordant la succession au titre de Marquis de la
WOESTYNE. Mais ce fils Victor mourut encore enfant, cette perte fut
pour mes beaux-parents une très dure épreuve. Puis ma belle-mère
perdit son mari et sa fille aînée, première femme du Comte de Villers,
d'où le terrible Charley de VILLERS. Ce dernier a eu d'Alice du MONCEAU
un fils tué en avion vers 1920, et quatre filles: il a abandonné femme
et enfants.

 

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La branche belge des de la WOESTYNE, ai-je dit, resta dans
sa province, où elle se contenta d'occuper une place distinguée dans
l'Echevinage de la ville de Gand. Quelques bonnes alliances; la

 

meilleure est celle des LIEDEKERKE (grande chevalerie flamande
d'origine, anciennement Princes de GAVRE)(van GAVERE), famille
très nombreuse et grands propriétaires terriens aujourd'hui.

 

Le Baron van de WOESTYNE, mon beau-père, que je n'ai
pas connu (mort en 1878), dernier du nom, marié à Marie Frédé-
rique de LIEDEKERKE (1834 à 1909), fut attaché ou secrétaire
d'Ambassade en France, puis maire d'Herzèle et Sénateur du
Royaume de Belgique.

 

La Baronne van de WOESTYNE était une femme d'une grande
intelligence et de beaucoup d'autorité. Ses filles et aussi ses
gendres l'admiraient et la vénéraient. Sans les avoir trop gâtées
dans leur jeunesse, elle restait attentive à tous leurs besoins et
se dévouait sans réserve à les aider. J'ai eu grandement à me louer
de sa bonté et de sa sollicitude pour
nous tous. Veuve, encore jeune, sollicitée, disait-on, de contracter
une brillante alliance, elle avait refusé de se remarier. Dame
d'Honneur de la Reine Marie Henriette, elle fut désignée par le Roi
Léopold II pour organiser la maison de l'Impératrice Charlotte du
Mexique, devenue complètement folle. Cette malheureuse Princesse,
soeur de Léopold II et du Comte de Flandre, était installée au Château
de BOUTCHOUT, près de LAEKEN. Pendant une dizaine d'années, ma
belle-mère dut y aller fréquemment. Seule, elle avait pris beaucoup
d'ascendant sur la malade. Celle-ci refusait parfois de manger par
crainte d'être empoisonnée. L'on avait alors recours à ma belle-mère
qui obtenait à grand peine de lui faire prendre quelque nourriture.

 

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De mes beaux-parents, il resta quatre filles:

 

1°) Marianne, qui a épousé son beau-frère, le Comte de
VILLIERS. Ils ont perdu un fils, Ferdinand, mort jeune, un autre fils
Freddie, tué en 1918, peu de temps avant la fin de la guerre. Il reste:
Jean, propriétaire de Conjoux dans le Condroz, marié à Louise CORNET
d'ELZIUS (fille d'une LIEDEKERKE) et Madeleine, mariée au Vicomte de

 

SOUSBERGHE. On connaît les petits enfants.

 

2°) Louise, décédée en 1937, avait épousé le Baron de TRAUX
de WARDIN (Château de JODOIGNE -Brabant), Wallon, mort en 1919
ou 1920. Ils n'ont eu qu'un fils, Henri, Baron de TRAUX de WARDIN,
Ministre Plénipotentiaire de Belgique, marié à une cousine flamande,
Gertrude della Faille: deux enfants et des petits enfants.

 

3°) Marie-Thérèse, mariée au vicomte Gustave du Parc de
LOCMARIA (Breton, devenu Flamand) ; c'est eux qui habitent la demeure
familiale, le cher HERZELE en Flandre, qu'ils ont restauré et embelli.
Ils ont perdu leur fils aîné, Raphaël, tué sur le front en 1917. Il
leur reste: Guillaume, marié à Jacqueline de LANNOY, François à
Emmanuelle SIMONIS, Elisabeth au Marquis de LAMBERTYE (Cons la Grand
ville, Lorraine), et Marie-Antoinette, célibataire. Dans les trois
rameaux, il y a des enfants.

 

4°) Elisabeth, ma femme, à qui j'ai dû de longues années
de bonheur.
Nos enfants sont : Philippe
Louis René Nivelon Ghislain marié à
Béatrice de VILLERMONT (famille
originaire de Champagne, établie en
Belgique par mariages) ;

 

Guillaume Marie Ghislain, marié à Yolande de MURARD de
SAINT-ROMAIN (Dauphiné et Bourgogne) ; ils sont installés au Maroc,
où Guillaume a réussi comme colon: 5 enfants.

 

27 ,

 

Marie-Jeanne Ghislaine, etc... mariée à Guillaume de
BUXEUIL, Baron de ROUJOUX (Château de la Tour de l'Ange,
près de Mâcon). De Lorraine, la famille aurait passé
en Ecosse,puis en Bretagne, enfin en Bourgogne.

 

Nous avons perdu notre second fils Pierre, Marie, Ghislain
en 1916, à l'âge de 18 ans, charmant enfant qui offrait à notre avenir
les plus belles promesses. Ce fut une grande et longue douleur.

 

Je n'en dirai pas davantage sur la famille de Belgique.
Gustave du PARC a fait à ce sujet un travail sérieux qu'il sera facile
de consulter.

 

J'ai, au cours de ces 27 pages, énuméré les parentés du
c8té paternel; je l'ai fait un peu longuement, peut-être pas très
clairement. Il est difficile de ne pas se laisser aller ici et là
à des souvenirs personnels et heureux. J'en reviens au côté
maternel de ma famille.

 

II COTE MATERNEL

L'on a vu que mon hérédité paternelle, d'origine
chevaleresque, est restée en grande partie surtout militaire. D'où
mes goûts pour les choses de l'armée; pendant tout un temps, je
regrettai de ne pas être entré à Saint-Cyr, comme mon frère. Bientôt,
cependant, une fois engagé dans la carrière, je compris que j'étais
certainement plus propre au service diplomatique. Mes retours vers
l'ancienne chevalerie faisaient dire en riant au Prince Sixte de
BOURBON: "CHERISEY, c'est un féodal..."

 

.
.

 

28

Du côté maternel, si l'illustration s'est faite par les
armes chez les généraux de ROMEUF et de VILLERET, l'origine était
beaucoup plus modeste, et l'on peut dire toute provinciale. Il
est vrai que presque toutes les familles ont une origine
provinciale ; c'est le labeur, ce sont les vertus obscures et sans
éclat de la province qui ont fait la vraie France.
L'on prête, à ce sujet, un joli mot à Louis XV qui se piquait d'être
un parfait gentilhomme et savait bien tout ce qu'il devait à la
noblesse de province sur les champs de bataille et ailleurs. Louis

 

XV voyant arriver à Versailles un inconnu demande à un de ses
courtisans:
"Qui est ce seigneur ?"-Le courtisan, avec un certain mépris,
répond: "Oh, Sire, c'est quelqu'un de la province"... -"Ah !
reprend Louis XV... .00 et vous, Monsieur, n'êtes-vous pas venu de
la province? Seriez vous, par hasard, né dans mon
antichambre?..."

 

11

 

Comme pour les CHERISEY et les JONCY, je dois établir
les parentés à partir de mes bisaïeux.

 

Les ROMEUF et les BRUN de VILLERET sont originaires
du GEVAUDAN. Sortis, je pense de la judicature locale, ils se
trouvaient, vers la fin du XVIIIème siècle, possesseurs d'une
bonne situation territoriale, placés de l'un et de l'autre c8té
de la Margeride, quand s'établirent leurs alliances à la géné-
ration de mes grands parents.

 

ROMEUF

 

Claude,Baron de ROMEUF, père de mon grand-père (de
la VOULTE -aujourd'hui LAVOUTE CHIBHAC) était appelé le Roi
de la Montagne, en raison de l'importance de ses propriétés.

 

Il épousa Flore de FAUVEAU (miniature à JONCY sur
une bonbonnière) qui, elle, était bien, je crois, d'origine
parisienne. Elle était la cousine germaine du Baron de
FREMILLY, auteur d'amusants mémoires qui se trouvent dans la
bibliothèque

 

de JONCY. FREMILLY dit: "Ma chère Flore, que j'aimais comme
une soeur !". Il faisait partie de la jeunesse dorée au moment de
la Révolution. Rapprochement curieux, il fréquentait le salon de
Madame LE SENECHAL, dont je parle plus haut, mère de la Marquise
de CHERISEY et de la Marquise d'AUDIFFRET. Il n'eut qu'une fille:
la Marquise de PIMODAN, d'où descendent tous les PIMODAN actuels

 

(chevalerie lorraine). Ceux-ci sont donc nos parents; ils

 

l'étaient beaucoup plus anciennement par une alliance avec les

 

CHERISEY -je n'en sais plus la date.

 

Claude de ROMEUF eut deux frères, dont deux généraux du
Premier Empire. L'un fut tué à la MOSKOVA 1 son nom est inscrit
sous l'Arc de Triomphe à Paris et sert de frontispice à une des
casernes du Puy. L'autre général de ROMEUF eut un fils, du nom
d'Alexandre, je crois, marié à Melle de MESMES ; assez changeant
et peu économe, il fut quelque temps propriétaire du Château de
Champignolles, où sont aujourd'hui les CHARMASSE (Autunois) et
conseiller général de Saône & Loire. Il se serait ruiné en
expériences agricoles et fut obligé de vendre. Il était le père
de la Comtesse de JOUFFROY d'ABBANS (celle-ci dame d'honneur de
la Princesse Blanche d'Orléans), de la Comtesse de JESSE-CHARLEVAL
dont le mari fut longtemps maire de Marseille et de John de ROMEUF,
cousin que nous appréciions beaucoup, en raison de sa gaîté, de
sa verve et de son originalité. De toute cette famille, il ne reste
personne, sauf les enfants d'un second mariage de M. de JESSE qui
sont parents assez proches et bien vus des ROUJOUX.

 

J'arrive à la descendance de Claude de ROMEUF, père de
mon grand-père et restant seul de son nom.
Il eut de Flore de FAUVEAU : 4 fils et 2 filles.

 

Pour la commodité du tableau, je placerai mon grand père
le dernier, bien qu'il ne fût pas le plus jeune, me semble-t-il.

 

30.
1°) Jules, Baron de ROMEUF, resté fidèle à son coin de
pays, habitait le Château de la Vallette, aujourd'hui aux BAUDIN,
dans un site très pittoresque, bien plus élevé que La Voûte, qui
est sur une boucle de l'Allier.

 

Il eut quatre enfants : Albert et Jules de ROMEUF, jeunes
gens élégants de Paris, faisant partie de la bande de

 

GRAMONT CADEROUSSE, GALLIFET, etc..., morts célibataires,
l'un des deux tué dans un accident de chevaux emballés;
et deux filles: Madame BAUDIN et la Baronne de BAUMEFORT.

 

Madame BAUDIN fut mère de François et de Jean; l'un et
l'autre ont eu fils et filles. Elle habitait La Valette et le fils
de François est aujourd'hui BAUDIN de la VALETTE. Lui même, marié à
Mademoiselle de VEYRAC, a des enfants.

 

La Baronne de BAUMEFORT habite le vieux château de Soulages,
très haut perché dans les montagnes de la Loire, qu'elle avait hérité
d'une soeur de son père et de mon grand-père (voir ci-dessous). Elle
n'eut que deux filles, mortes récemment : Gilberte, célibataire, et
la toute charmante Jeanne, mari&e